Des experts demandent des réformes structurelles
11 Sep 2019
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Rencontre-débat du FCE 

Des experts demandent des réformes structurelles

Par:  Zahir R.
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Lors d’une rencontre-débat de la rentrée organisée hier par le Forum des chefs d’entreprise (FCE), des experts algériens de renommée mondiale ont brossé un tableau sombre sur la situation économique de l’Algérie. Ils étaient unanimes à appeler à la nécessité de faire un diagnostic sérieux afin d’engager les réformes nécessaires pour la diversification de notre économie.


Par Zahir R.

Représentant 35 à 40% du PIB, 60 à 65% des recettes fiscales et plus de 95% des revenus en devises, le modèle économique de l’Algérie a montré ses limites, tout en sachant que les prix de pétrole sont en fluctuation. «L’Algérie a besoin d’un baril à 140 dollars pour assurer son équilibre budgétaire, ce qui est pratiquement impossible dans la conjoncture actuelle, marquée par une guerre commerciale féroce entre les Américains et les Chinois», a indiqué dans ce cadre Lachemi Siach, expert international et docteur en management. 

Après avoir exposé la situation économique qui prévaut dans le monde, marquée par des tensions dans le commerce extérieur entre la Chine et les Etats-Unis, une guerre de devises, un taux d’intérêt négatif et une hausse inquiétante de l’endettement, M. Siach a affirmé que «si l’activité économique mondiale ralentissait, la consommation de pétrole va certainement diminuer. Autrement dit, la demande sur le pétrole va déminer. Des experts prévoient d’ailleurs un baril à 24 dollars». C’est pour cela que le professeur en économie Mohamed Chérif Benmihoub a appelé à la mise en place d’un nouveau modèle économique hors hydrocarbures. «Nous ne devons pas lier notre sort aux prix du pétrole. On doit sortir de cette logique», a-t-il souligné, avant de tirer la sonnette d’alarme sur l’avenir de l’Algérie qui va devoir faire face à une conjoncture très mauvaise. 

Pour le Pr Benmihoub, la seule alternative de sortie de crise ne peut être que la transformation des structures de l’économie qui doit passer par une nouvelle gouvernance économique. «C’est au gouvernement légitime de trancher sur les questions de stratégie économique, d’allocation de ressources», a-t-il indiqué. C’est dans le même sens que Farid Bournani, un expert financier,  a axé son intervention en affirmant que le renouveau de l’Algérie ne vient pas du pétrole. Pour illustrer ses propos, il a affirmé que, d’une part, la production pétrolière de l’Algérie est net recul et, d’autre part, que la consommation intérieur ne cesse de s’accroître. «Comme nous sommes un petit pays pétrolier, nous devons changer de cap et chercher de nouveaux segments pour diversifier notre économie», a-t-il souligné. 

Toutefois, ces experts ont estimé qu’il y a toujours des possibilités de redressement économique. Mohamed Chérif Benmihoub a indiqué dans ce cadre que des choses peuvent encore se faire dans le commerce extérieur à travers notamment la substitution des importations, qui avoisine les 40 milliards de dollars, l’encouragement de la production locale et la libération des investissements à travers la suppression de la règle 51/49%. Il faudra aussi encourager le secteur privé, soutenir les démunis tout en taxant les riches, formaliser le secteur informel, qui représente plus de 40% de l’économie nationale, et réformer le système financier.

Dernière modification le mercredi, 11 septembre 2019 21:01

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