Achoura une fête célébrée cette année dans un contexte inédit

Ghardaïa

0 2 221

Les familles ghardaouies célèbrent cette année la fête de l’«Achoura» dans une atmosphère morose, liée à la pandémie de la Covid-19 et ses implications, induisant un contexte inédit marqué par un changement des habitudes ancestrales qui accompagnent cet évènement.

Cette fête à portée religieuse, qui favorise l’échange de visites entre proches et voisins dans une ambiance de détente, de convivialité et de générosité envers les nécessiteux et les orphelins, est assombrie cette année par les mesures et les règles de prévention visant à endiguer la pandémie de coronavirus, notamment le port obligatoire de bavette et la distanciation sociale.

Les instances religieuses ont exhorté la population à respecter les mesures et protocoles visant à endiguer la pandémie, notamment dans les mosquées ainsi que l’interdiction des rassemblements et des rencontres familiales.

Habituellement vécu par la population dans les pures traditions ancestrales qui renforcent la cohésion sociale dans la solidarité le partage et la générosité, la population ghardaouie dans toute sa diversité sociologique accueille cette fois ci la fête de l’Achoura dans une ambiance bouleversée.

Les habitudes des habitants pendant cette fête très prisée par les enfants ont presque radicalement changé, notamment avec l’interdiction des rassemblements et les défilés des enfants entonnant «abiyanou», un chant déclamé pour la circonstance.

Malgré l’impact de la pandémie du coronavirus qui a affecté le mode de vie, les habitants du M’zab expriment, de différentes manières, durant cet évènement, leur attachement aux traditions authentiques léguées par les ancêtres en rapport avec cette fête de l’Achoura.

Des plats traditionnels locaux dont les recettes se transmettent de mère en fille depuis des générations ne sont plus proposés à la dégustation entre voisins ou famille.

Pour célébrer l’«Achoura», les familles ghardaouies ont recours à des recettes ancestrales jalousement préservées et transmises oralement pour préparer des plats typiquement traditionnels dénommés «Ouchou Tini» (en variante locale de tamazight), un met à base de couscous et de viande séchée et salée du mouton de l’Aïd El-Adha, ainsi que «Ibaoun» (fèves), a expliqué Ammi Bakir du ksar de Melika .

Dès la rituelle immolation du mouton de l’Aïd, la ménagère récupère une partie de viande qu’elle sale abondamment et sèche à l’air libre, avant de la conserver dans un endroit propre durant plusieurs semaines, a-t-il ajouté.

La veille de l’Achoura, de nombreuses ménagères ghardaouies s’appliquent à préparer ce couscous, avec une sauce rouge onctueuse composée de la viande séchée, d’une variété de légumes frais, de pois chiches, de piment, d’épices et autres petites herbes potagères ainsi qu’un jus de dattes donnant pour le plaisir du palais un goût succulent à ce plat.

Ce met est dégusté ensuite dans un grand plat en présence de tous les parents et grands-parents, dans une ambiance conviviale, a-t-il fait savoir.

Traditionnellement, un plat très prisé dans la région dénommé «Foul» (fèves sèches) en tamazight «Ibaoun» est également préparé à cette occasion.

«El-Foul» ou «Ibaoun», ce plat du terroir, incontournable à l’Achoura, se prépare dès la veille par la ménagère qui trempe dans de l’eau douce de la palmeraie de Ghardaïa des fèves sèches durant plusieurs heures avant de les faire bouillir à petit feu toute la nuit.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.