«Aller vers une numérisation urgente du système financier»

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Djemaa Nabil, conseiller financier et bancaire au «Chiffre d’Affaires»  

Dans cet entretien, le conseil financier et bancaire, Djemaa Nabil, a énuméré une série de recommandations à entreprendre en urgence par le gouvernement afin de mettre  fin aux transferts illicites de la devise vers l’étranger, à travers notamment la surfacturation.


LCA : Quelles sont les démarches à suivre afin de maîtriser la dépense publique qui ne cesse d’augmenter, en accusant des déficits énormes ?  

Djemaa Nabil : Pour les démarches à suivre scrupuleusement, il faut un changement significatif au niveau de la Banque d’Algérie et au ministère des Finances. Les mêmes personnes continuent de procéder à la dilapidation des devises du pays notamment les transferts de services qui sont de l’ordre de 13 milliards de dollars chaque année effectués par les banques étrangères notamment libanaises, arabes et françaises dans le cadre des transferts salaires, et bonus exorbitants sur le dos des réserves algériennes, et ce, depuis plus de 20 ans atteignant plus de 230 milliards de dollars, bien plus que nos réserves. Il faut diligenter une enquête par la gendarmerie et la Cour suprême en urgence pour mettre fin à ces agissements néfastes pour notre économie.

En tant qu’expert financier et bancaire, quels sont les mécanismes et décisions à prendre en urgence afin d’y remédier à la situation financière du pays ?

Il est plus que nécessaire d’aller vers la numérisation urgente du système financier et arrêter les subventions catastrophiques des produits agroalimentaires stratégiques qui sont exportés vers nos voisins à des prix bas. A cela s’ajoutent, l’instauration d’un système de contrôle rigoureux de nos importations, sujet de la surfacturation et moyen pour le transfert illicite de la devise, la libération des investissements à 100 % et l’économie nationale d’une manière générale qui reste toujours otage de la corruption et de la bureaucratie galopante, le népotisme et le clientélisme, et enfin revoir la répartition des revenus du pays depuis 1962.

Des mesures ont été prises par le gouvernement de Bedoui afin de préserver les réserves de change du pays, avec la rationalisation et la limitation des importations. Comment les jugez-vous ?   

Ce gouvernement de gestion des affaires est identique à celui déchu et est anticonstitutionnel puisque en 4 mois et malgré l’emprisonnement des oligarques, il a consommé 7,2 milliards de dollars avec un déficit de 1,8 milliard. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ces mesures n’ont rien donné de concret.

Entretien réalisé par Zahir Radji

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