Bensalah, Président par intérim

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Réunion des deux chambres du Parlement

Le Parlement réuni en ses deux chambres, le Conseil de la nation et l’Assemblée populaire nationale, a pris acte de la déclaration de vacance définitive du poste de président de la République suite à la démission de Abdelaziz Bouteflika.


Lors de cette séance parlementaire, qui a siégé conformément aux articles 102 de la Constitution de 2016, le président du Sénat est devenu, durant une période de 90 jours, le président de la République algérienne. Le Conseil constitutionnel, qui avait constaté mercredi la vacance définitive de la présidence de la République, a communiqué immédiatement l’acte de déclaration de vacance au Parlement conformément à la Constitution.

L’article 102 de la Constitution stipule qu’en cas de démission ou de décès du président de la République, le Conseil constitutionnel se réunit de plein droit et constate la vacance définitive de la présidence de la République. Durant cette période de 90 jours, le chef de l’Etat intérimaire dispose de prérogatives très réduites par rapport à un président élu, il ne peut être fait application des dispositions prévues aux alinéas 7,et 8  de l’article 91 et aux articles 93, 142, 147, 155, 208, et 211 de la Constitution . De ce fait et selon les dispositions de ces articles, le chef de l’Etat ne dispose pas de prérogatives du président de la République, notamment en matière de nomination de membres du gouvernement, de droits de grâce, de remise de peine,  ou de saisir sur toutes questions d’importance nationale le peuple par voie de référendum. La réunion des deux chambres parlementaires est intervenue dans un contexte particulier qui a vu l’absence des parlementaires de l’opposition qui ont boycotté ou démissionné cette séance à l image, du PT, du FFS et du MSP. Ces partis de l’opposition considèrent que l’application de l’article 102 de la Constitution ne va pas régler la crise politique qui secoue le pays. Ils appellent à l’application d’autres articles du texte fondamental,  notamment les articles 07 et 08. Si jusque-là, les dispositions constitutionnelles ont été suivies à la règle sur le plan juridique, sur le plan politique, les choses vont certainement être difficiles car le mouvement du Hirak, qui est sorti dans les rues, demande le départ ni plus ni moins le départ de toutes les figures de l’ancien système auxquelles ils ne leur font plus confiance. Par-dessous tout, le mouvement de révolte craint qu’à travers la reconduction de Bensalah, le système tant honni par le peuple se régénère. C’est ce qu’exigeait le peuple durant les manifestations du vendredi dernier, il était question du départ des trois «B» sans condition.

Les premières réactions enregistrées ce matin vont toutes dans le même sens, c’est à dire, la déception. Les regards sont tous braqués maintenant sur le chef d’état-major, et vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd-Salah ; une chose est certaine, le vendredi prochain s’annonce d’ ores et déjà tumultueux.

Naama Abbas

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