Biden annulerait la décision de Trump

Sahara Occidental

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Par Arezki Louni

La reconnaissance par le président américain sortant, de la prétendue «marocanité» du Sahara Occidental, suivie par l’ouverture d’une représentation diplomatique dans la ville occupée de Dakhla, continue de susciter la désapprobation de la communauté internationale. 

 

Selon des sources concordantes, le nouveau locataire de la Maison-Blanche pourrait facilement annuler la décision du président américain sortant, Donald Trump, qui ne repose sur aucune base légale. Une éventualité soutenue par trois universitaires américains dans une tribune publiée dans le magazine américain Foreign Policy. «Il n’y a aucune raison stratégique empêchant Biden d’annuler, dès son investiture, le 20 janvier courant, le revirement impétueux de Trump», au sujet du Sahara Occidental, assurent les auteurs du texte, Joseph Huddleston, Harshana Ghoorhoo, Daniela A. Maquera Sardon, trois chercheurs de l’université Setan Hall (Etats-Unis) spécialisés dans les questions de politique internationale. D’autant plus que la décision de Trump est liée à la normalisation des relations diplomatiques entre le régime marocain et l’entité sioniste. Pis, selon les rédacteurs de la même tribune, la décision de Trump a été rendu publique «alors que le Maroc et le Front Polisario, le mouvement de libération sahraoui, s’engageaient dans un conflit armé actif». Comme ils ont tenu à rappeler le caractère illégal de la présence marocaine au Sahara Occidental, en vertu des résolutions des Nations unies et des verdicts prononcés par plusieurs cours internationales. «Ceci signifie que les activistes défendant le droit à l’autodétermination (du peuple sahraoui) et le Front Polisario ne sont pas des «séparatistes», comme cela a été mentionné dans le Washington Post et le New York Times, mais plutôt un mouvement de décolonisation», affirment les trois universitaires. Ces derniers considèrent que tout n’était pas perdu et que l’annulation de la décision de Trump serait «aussi facile à faire qu’une rature sur un texte». «En théorie, le gouvernement marocain pourrait réagir au changement de la position américaine en rompant ses relations diplomatiques avec Israël, mais il paierait un prix plus élevé que les Etats-Unis», notamment sur le plan économique, assurent les universitaires. L’ouverture «unilatérale» d’une représentation diplomatique, qui intervient aux derniers jours du mandat du président Donald Trump, est à rebours de la position des Nations unies qui considèrent le Sahara Occidental comme un territoire autonome dans l’attente d’un statut définitif. La position américaine par rapport au statut du Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, a toujours plaidé en faveur d’une solution «pacifique, durable et mutuellement acceptable» par le Front Polisario et le Maroc, a affirmé en 2009,  Barack Obama, qui a ajouté soutenir les efforts de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU de l’époque, Christopher Ross. Il est donc clair que la décision du président américain sortant, qui s’inscrit en porte-à-faux avec la position traditionnelle des Etats-Unis, pourrait être annulée le 20 janvier, dans le discours d’investiture du président élu Joe Biden.

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