Cap sur la production locale

Industrie pharmaceutique

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Par Zahir Radji 

L’Algérie veut réduire ses importations en produits pharmaceutiques. Des orientations et des décisions fermes ont été prises par le gouvernement afin de lever tous les obstacles et entraves bloquant l’émergence d’une production nationale forte capable de répondre à la demande locale et de conquérir des marchés à l’étranger.

 

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé, dans ce cadre, que le marché du médicament en Algérie doit être adapté à la nouvelle approche économique, visant à encourager la production nationale en préservant la devise et la santé du citoyen.

Lors du dernier Conseil des ministres tenu dimanche dernier via la visioconférence, le Président Tebboune a ordonné d’assurer à la société Saidal un accompagnement particulier pour lui permettre de recouvrer son leadership en matière de production de médicaments et de récupérer sa précédente part du marché national, laquelle se situait aux environs de 30% avant d’être réduite à 10%, en raison des manipulations en faveur de l’importation.

Ainsi, il a instruit le ministre de l’Industrie pharmaceutique d’accorder la priorité à l’augmentation de la production nationale de médicaments. D’ailleurs, le chef de l’Etat a fixé un objectif chiffré, à savoir réduire la facture d’importation de 400 millions de dollars d’ici la fin de l’année courante. 

A cet effet, il a demandé d’introduire un dispositif réglementaire dans le contrôle du stock de médicaments, afin d’éviter l’importation anarchique observée dans la circulation des médicaments arrivés à expiration ou stockés au lieu d’être détruits.  

Il est à rappeler que le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, avait fait savoir que les unités nationales de production vont produire, et ce, à partir de ce mois de septembre, des médicaments destinés pour le marché national, y compris des traitements pour la Covid-19, le diabète et le cancer. «Nous nous attendons en outre à ce que 50 nouvelles usines de production de médicaments soient lancées en 2020/2021 dont 21 seront réceptionnées d’ici la fin de l’année en cours et qui seront performantes pas seulement en produits pharmaceutiques chimiques comme auparavant (comprimés surtout) mais aussi en médicaments sous forme injectable et autres (corticoïdes, hormones)», avait-il déclaré à la Radio nationale. En outre, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP) aura de nouvelles prérogatives, à savoir la régulation et l’organisation du marché et également le développement de l’industrie pharmaceutique, selon le communiqué du Conseil des ministres.    

Ainsi, la promotion de la production nationale, dira le président de la République, passera également par la lutte contre les laboratoires et lobbies impliqués dans des opérations d’importation clandestines de médicaments. Sur ce point, il a instruit les services concernés de renforcer le contrôle en coordination avec les pays voisins notamment dans le sud, face aux trafiquants de psychotropes et de drogue, utilisés parfois en tant qu’arme pour déstabiliser les Etats. Enfin, M. Tebboune a appelé à ouvrir la voie aux jeunes et aux startups pour accéder au monde de l’industrie pharmaceutique et exporter leurs produits. D’ailleurs, il est à noter qu’un défi ambitieux a été fixé par le gouvernement. Il s’agit d’exporter annuellement près de 5 milliards de dollars de produits pharmaceutiques à partir de 2024.  

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