Crise économique: La banque d’Algérie tente de limiter le choc

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Par:Essaïd Wakli

Pour faire face à la crise économique, la Banque d’Algérie proroge les mesures exceptionnelles adoptées, en début de l’année, au profit des acteurs de l’économie nationale. C’est ce qu’indique la Banque centrale dans un communiqué.
« A l’effet d’alléger l’impact de la pandémie du Covid19 sur le secteur économique national et de garantir les conditions indispensables à la poursuite de l’activité économique, les mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers arrêtées par la Banque d’Algérie le 6 avril 2020, dans le cadre de l’instruction 05-2020, ont été reconduites jusqu’au 31 décembre 2020 », a précisé l’Institution bancaire. Il s’agit de réduire le seuil minimum du coefficient de liquidité et de dispenser les banques et les établissements financiers de l’obligation de constitution du coussin de sécurité.
Il est également question de reporter le paiement des tranches de crédits, arrivant à échéance, ou procéder au rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par le Covid19 et assurer la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances.
La Banque d’Algérie, a d’autre part, assuré qu’elle « continuera à suivre l’évolution de la situation sanitaire et son impact sur les entreprises nationales et prendra, le cas échéant, les décisions adéquates pour assurer le bon fonctionnement de l’économie nationale ».
Ces mesures font suite à d’autres décisions prises en septembre dernier. Le Comité des opérations de politique monétaire de la banque (COPM) avait en effet décidé de réduire le taux de réserve obligatoire, le portant de 6% à 3%, et l’activation des opérations principales de refinancement à un mois, selon le communiqué. Ces décisions devraient permettre, selon la même source, de «libérer, pour le système bancaire, des montants additionnels de ressources, et mettre ainsi, à la disposition des banques et établissements financiers des moyens supplémentaires en faveur du financement de l’économie nationale et du soutien de l’activité économique».
Mais cela ne semble pas être suffisant, du moins pour les experts. C’est le cas de Abdelrahmi Bessaha, expert algérien auprès du FMI qui a estimé que la réponse du gouvernement face à la crise induite par la pandémie « est en deçà des besoins de l’économie ». Il a Critiqué le plan anticrise élaboré en guise de réponse à la crise, il considère qu’il est «nécessaire d’élaborer une loi de finances complémentaire». «Le stimulus fiscal de l’Algérie, a-t-il noté, est d’un montant budgétaire de 70 milliards de dinars, soit l’équivalent de 0,3% du PIB. C’est le montant qu’il a consacré en guise de réponse à la crise sanitaire.», a indiqué l’expert, cité par le quotidien El Watan. «Les indicateurs monétaires sont éloquents. Il n’y a pas de crédit. D’où viendra le crédit ? Il y a une crise sanitaire, le choc pétrolier et la fermeture des entreprises. C’est une crise profonde qui va perdurer.», a-t-il encore ajouté.

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