Des milliers de travailleurs au chômage

Montage automobile en Algérie

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Après le coup d’accélérateur qu’a connu le montage automobile en Algérie, les affaires de corruption dans lesquelles sont impliqués plusieurs hommes d’affaires, ont freiné cette dynamique qui tend à fondre comme neige au soleil. Une perte sèche de dizaines de milliers de postes d’emploi, au moment où le pays connaît une crise économique des plus aiguës. 

 

Lors de l’inauguration de la dernière foire de la production nationale, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a clairement affirmé que la seule industrie automobile en Algérie se limite à l’industrie militaire. Allusion faite aux différents opérateurs spécialisés dans le montage automobile qui se sont contentés du montage automobile, autrement dit une importation déguisée de véhicules qui a coûté au pays des centaines de millions de dollars. Ainsi, les répercussions de cette stratégie sur le plan social sont dévastatrices.

Le taux de chômage connaîtra dans les tout prochains mois des proportions alarmantes, contrairement aux derniers chiffres de l’ONS, concluant à une légère baisse du taux de chômage.

Ce qui somme toute paradoxale, en raison des «bataillons» de travailleurs qui rejoignent chaque mois le chômage. C’est le cas de Global Motors Industries qui vient d’annoncer la suspension de son activité de montage automobile des camions et bus de la marque coréenne Hyundai. Dans un communiqué, Global Motors Industries, dont le PDG, Hassan Arbaoui, est en prison pour des soupçons de corruption, informe l’opinion publique de la suspension de l’activité de son usine à Batna en raison de l’épuisement de son stock de kits CKD/SKD.

L’activité de montage des camions et bus de la marque Hyundai est survenue depuis le 31 décembre 2019, précise-t-on, ajoutant que cette suspension fait suite au non-renouvellement des autorisations d’importation des kits CKD/SKD depuis six mois. Cette mesure a contraint l’entreprise à placer ses employés en chômage technique presque total depuis le 27 août dernier, avec une baisse de production de l’ordre de 98%. GMI rappelle que malgré cette suspension, les postes d’emploi ont été maintenus et les employés ont perçu leurs salaires.

GMI aspire ainsi à obtenir les rapports techniques qui lui permettraient à reprendre son activité et reconduire ses employés. A noter que le collectif des fabricants de produits électroniques et électroménagers a mis en garde contre la fermeture des usines de montage automobile et la mise en chômage de quelque 40 000 travailleurs.

La même source affirme que la substitution du paiement cash des importations des kits SKD-CKD par un paiement différé de neuf mois, comporte différents risques,  notamment un «manque à gagner» au profit des banques étrangères ainsi que la «cessation de la production début-décembre».

Le collectif met également en garde contre le risque de perte ou de manque à gagner aux banques algériennes au profit des banques étrangères car à travers un différé de paiement de 9 mois, l’opérateur algérien n’aura plus besoin du crédit d’exploitation auprès de sa banque algérienne ».

Par Arezki Louni

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