Des solutions de substitution à préconiser dès 2021

Les pouvoirs publics devant une année financière difficile

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Par Abdelkader Mechdal      

La tendance économique générale pour l’année en cours aura à se situer sous la barre de zéro pour l’évolution de tous les agrégats macroéconomiques, reflétant une situation de crise profonde que vit le pays. 

         

C’est la conséquence de la mauvaise performance des secteurs d’activité, à leur tête celui des hydrocarbures, qui va traîner toute l’économie vers le bas, avec l’enregistrement de la perte de valeur du pétrole sur le marché mondial.

Le seul qualificatif qu’on puisse assigner aux résultats attendus de l’évolution de l’économie nationale au cours de l’année 2020 est la détérioration de toute une situation n’épargnant aucun agrégat économique, passant par les recettes et dépenses budgétaires, arrivant à la croissance qui va sombrer dans un état négatif dans une évolution jamais connue auparavant par l’Algérie. Ainsi, et selon les prévisions de la loi de finances complémentaire, votée par la 1ère chambre du Parlement, le produit intérieur brut va connaître une croissance négative de l’ordre de 2.63%, tiré vers le bas par le secteur des hydrocarbures, constituant la ressource principale des exportations et delà, le manque de moyens financiers du pays pour faire face à la couverture des besoins à l’importation.

D’ailleurs, ce manque de ressources budgétaires a affecté négativement les moyens de la croissance, en constatant une diminution des dépenses consacrées à l’équipement de l’ordre de 309 milliards de dinars, pour s’établir à 2620.3 milliards de dinars, c’est-à-dire l’équivalent du chiffre maigre de 20 milliards de dollars. Un chiffre tellement faible qu’il ne va pas pouvoir compenser même l’investissement de renouvellement lié à la préservation des capacités de production, ce qui reflète une perte nette de ces dernières poussant ainsi la croissance vers un niveau négatif. En comparant ce niveau de dépense avec celui de fonctionnement, on se rend compte de la nature de la loi de finance complémentaire, qui n’aura en fait de mission à accomplir que de garantir un certain niveau de consommation, permettant de garder la stabilité sociale, même si cette dernière a pris un coup dur suite à la perte de revenus des couches sociales non couvertes par l’assurance du monde du travail.

Ainsi, les dépenses d’équipement constitueraient quelque 55% seulement de la valeur des dépenses de fonctionnement, un pourcentage qui a diminué drastiquement après que les deux rubriques avaient l’habitude de prendre un niveau presque équivalent, ce qui démontre de la particularité de l’année financière 2020 pour l’Algérie. Et en relation avec la diminution des rentrées des exportations, qui vont fléchir de moitié par rapport aux prévisions du début de l’année, pour s’établir à 17.7 milliards de dollars seulement, ce qui va creuser davantage le déficit de la balance des paiements, qui va atteindre -18.8 milliards de dollars, faisant ainsi baisser les réserves de change du même montant. Une situation qui va exercer une pression supplémentaire sur les pouvoirs publics qui vont devoir trouver dans l’urgence, des solutions de substitution en revenant à une croissance positive dès l’année prochaine 2021.

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