Echec d’une politique de montage automobile mal conçue

L’augmentation des charges inévitable dès 2020

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Une vraie problématique celle que l’industrie de montage automobile va rencontrer dès le mois prochain, avec l’application de la nouvelle loi de finances 2020, puisque le consommateur algérien aura à choisir entre une voiture montée dans le pays qui coûtera plus cher, et l’autre d’occasion qu’il pourra importer directement, et qui lui promet une moindre dépense. Un état de fait qui remet en cause toute la politique gouvernementale quant à l’implémentation d’une industrie nationale de véhicules.

 

Effectivement, la voiture importée par les individus sera beaucoup moins cher, que celle montée en Algérie, ce qui orientera une partie importante de la demande nationale sur les véhicules vers les marchés étrangers de surcroît plus outillés pour séduire une nouvelle clientèle à s’accaparer et à fidéliser dans le temps, ce qui crée les conditions d’une concurrence fatale pour l’activité de montage dans le pays. Dans ce sens, les restrictions, qui ont fait l’objet d’application dès la mi- 2019, ont été conduites par une constatation d’une pratique macabre que celle de la surfacturation, malgré les exonérations accordées à une «industrie naissante», qui ont touché la taxation douanière (15%), la TVA (19%) et bien sûr, celle sur le véhicule neuf, chose qui a bénéficié aux détenteurs de projets de montage, et en pénalisant le consommateur direct, qui se retrouve devant un fait accompli, qui est celui de payer l’achat de son véhicule à un tarif exorbitant.

Depuis les premiers indices de ce dérèglement qui a touché le marché national de l’automobile, et devant l’arrogance des «industriels» à proposer leurs produits à des prix plus chers que ceux appliqués dans les pays de fabrication des kits d’où ils importent, les observateurs ont dû constater l’état de complaisance de la part des pouvoirs publics, puisque dans une économie libre, il n’est pas question de discrimination quant à l’ouverture de l’importation directe entre les concessionnaires et les particuliers, surtout quand il s’agit du mécontentement quant aux tarifs appliqués, et ce, dans le souci d’être juste en évitant d’imposer le choix sur les consommateurs finaux. 

Alors, le retour de situation tant attendu, en procédant à l’arrêt les pertes subies et par le Trésor public et par le consommateur final, a fait que la levée de l’application du régime d’exonération au profit de l’industrie du montage va entraîner un renchérissement des véhicules montés en Algérie et la limitation des possibilités d’importation des kits, au même temps d’opter à ouvrir de nouveau le marché ce qui va orienter l’achat des Algériens vers de nouveaux fournisseurs, dans des marchés proposant des choix très variés et plus adaptés aux besoins des acheteurs. Et voilà une réalité qui n’aura d’effet que la déclaration pure et simple de l’échec d’une démarche publique montée dans un esprit loin des exigences d’une économie nationale en besoin de diversification, selon une norme d’un marché mondialement ouvert et très concurrentiel, ce qui fait que la démarche suivie est tombée à l’eau, sous une pression d’une conjoncture caractérisée par la corrosion des moyens nationaux de règlement à l’international.

Par Abdelkader Mechdal

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