Elle ne répond pas aux défis du pays !

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Nouvelle loi sur les hydrocarbures 

La nouvelle loi sur les hydrocarbures a été hier au centre des débats de la 2e édition des rencontres «Les débats du Forum». Les experts et participants à cette rencontre ont été unanimes à dire que cette nouvelle loi est bonne dans son ensemble, toutefois, elle ne répond pas aux défis de la conjoncture actuelle de l’Algérie, à savoir renouveler nos stocks et augmenter les exportations. 


Par Zahir R.

Pour l’ancien PDG du Sonatrach et ancien ministre des ressources en eau, Abdelmadjid Attar,  cette nouvelle loi, qui continue de susciter un large débat avait, est bonne dans son ensemble, la souveraineté nationale est protégée, la fiscalité va baisser de 3%, toutefois, elle n’apportera rien de plus pour la Sonatrach !» 

D’ailleurs, il était catégorique sur ce point en indiquant qu’il n’y aura plus de grandes découvertes à l’avenir, comme celle de Hassi Messaoud ou Hassi R’mel. Poursuivant son analyse, M. Attar a indiqué que la mise en œuvre de cette nouvelle loi nécessitera l’élaboration des textes d’application qui prendront assez de temps (entre 5 et 7 ans). 

Autrement dit, la production nationale en hydrocarbures ne connaîtra pas d’augmentation, alors que la consommation énergétique à l’interne estimée de 7 à 8%  ne cesse de s’accroître annuellement. «Si on continue avec le même rythme de consommation, on aura du mal à maintenir nos exportations, et on risque de devenir pays importateur dès 2030», a-t-il mis en garde. 

En outre, M. Attar a indiqué que la nouvelle loi aidera seulement au développement des 70 gisements de moindre importance découverts ces dernières années. Il a précisé que la Sonatrach n’avait pas les moyens financiers et techniques pour les développer, à elle seule. Faire appel, ajoute-t-il, à des partenaires étrangers est une nécessité absolue.

Par ailleurs, l’ancien ministre des Ressources en eau a estimé que le timing choisi pour l’adoption de cette nouvelle loi n’est pas idéal. «Ce n’est pas au gouvernement intérimaire de valider une telle loi de grande importance pour l’avenir du pays. Il appartient au prochain président et gouvernement pour son adoption», a-t-il souligné, tout en expliquant le risque de l’annulation de cette même loi par le nouveau gouvernement, ce qui va nuire encore l’image de l’Algérie. Il a noté que l’ennemi des investisseurs, c’est l’instabilité juridique et la bureaucratie.

Le Pr Chems Eddine Chitour, enseignant à l’Ecole nationale  polytechnique, présent à ce rendez-vous,  a affirmé que la nouvelle loi sur les hydrocarbures est un non-événement. Pour lui, le débat devrait s’orienter sur la transition énergétique et non pas sur les hydrocarbures. Il a expliqué que l’Algérie dispose d’un potentiel énergétique important en dehors des hydrocarbures.  

Précisant que notre pays est un petit producteur par rapport aux grands producteurs à l’instar de l’Arabie Saoudite et la Russie, le Pr Chtour a fait savoir que «si nous continuons avec les mêmes pratiques, 600 à 700 milliards de mètres cubes seront brûlés d’ici 2030. Ce sera un manque à gagner de milliards de dollars pour le Trésor public». Par ailleurs, iI a plaidé pour la concentration sur les énergies renouvelables (EnR) qui accuse un énorme retard dans notre pays pour divers motifs. «Le Groupe Sonatrach doit faire sa mutation, tout en s’orientant vers les énergies renouvelables».  

Salah-Eddine Abdessemed, vice-président du FCE et membre du Club Energia du FCE, a soulevé les problèmes de financement des projets EnR et le manque de crédibilité chez les pouvoirs publics.

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