«Il faut accélérer la réforme du code de la fiscalité locale»

Abderrahmane Hadef, expert en développement local

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LCA : Le développement des zones d’ombre est une  nécessité absolue. Depuis son arrivée au palais d’El Mouradia, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, insiste sur ce dossier, en lui accordant la priorité des priorités. Selon vous, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour désenclaver ces régions, en garantissant une vie meilleure pour ces habitants ?

Abderrahmane Hadef : Le développement des zones d’ombre relève à mon sens d’un vrai plan de développement local donnant du poids au rôle du citoyen et des élus locaux qui doivent avoir un certain niveau pour la prise en charge de la gouvernance locale. 

Une gouvernance locale qui assure une justice sociale dans l’accès du citoyen de l’ensemble des ressources disponibles au niveau des collectivités pour un meilleur cadre de vie. Cette gouvernance doit être conduite avec une totale transparence, utilisant les meilleures compétences et moyens pour un service public de qualité répondant aux aspirations des citoyens. Le développement économique local ne se concrétise pas sans une réelle connaissance des potentialités locales qui doivent être recensées et répertoriées à l’aide d’outils modernes tels que les outils d’intelligence économique. 

Le plan développement doit être conçu avec une nouvelle approche économique favorisant la création de richesses et non la dépense de la rente. Aussi, ce plan doit disposer d’un cadre favorable en ce qui concerne la fiscalité locale. Ce plan stratégique de développement qui doit être élaboré au niveau de chaque wilaya doit avoir comme objectif la promotion de l’attractivité du territoire.

Selon les premières estimations des pouvoirs publics, le développement des zones d’ombre nécessite un budget conséquent estimé à 480 milliards de DA. Comment mobiliser ces sommes d’argent notamment durant cette conjoncture difficile ? Comment financer ces programmes de développement ?

Le financement de ces programmes doit être dans un premier temps à la charge du Trésor public à travers le Fonds de solidarité entre collectivités locales pour l’amorçage du plan de développement local. Par la suite, il faut prévoir le recours aux investissements privés pour certains projets ou bien des partenariats public-privé. Parallèlement, il faut accélérer la réforme du code de la fiscalité locale pour prendre en considération cette question de développement des zones spécifiques dites zones d’ombre.

Souvent la gestion locale est pointée du doigt. Elle est derrière le non-aboutissement des projets de développements local.  Actuellement, les décisions sont centralisées et les acteurs locaux ne sont pas associés dans l’élaboration de plan de développement. La refonte de la gestion locale est-elle urgente ?

Il est nécessaire de revoir le code des collectivités locales pour donner plus de poids aux élus locaux qui doivent à leur tour traduire les véritables volontés populaires, procéder à une décentralisation de la décision pour une meilleure gouvernance, donner la possibilité aux acteurs locaux de tracer les voies de développement surtout pour les aspects économiques socioéconomiques.

Pour cela, j’ai appelé à plusieurs reprises pour la création de conseils pour l’économie avec une nouvelle vision de développement économique donnant plus de poids au côté opérationnel par rapport à l’administratif pour diminuer les effets pervers de la bureaucratie. 

Entretien réalisé par Z R. 

 

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