Il y a une année, l’Algérie s’installait sur le toit de l’Afrique

Football -CAN 2019

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Il y a une année, un certain 19 juillet 2019, le capitaine de l’équipe nationale de football, Riyad Mahrez, soulevait fièrement le trophée de la Coupe d’Afrique des nations CAN-2019 en Egypte, permettant à tout un peuple de vivre des moments chargés d’émotion, 29 ans après une première étoile.

Les «Verts», conduits par le sélectionneur Djamel Belmadi, venaient de conclure par la plus belle des manières un parcours sans faute, en battant en finale le Sénégal de Sadio Mané (1-0), au stade international du Caire devant plus de 60 000 supporters, dont 15 000 Algériens.

L’exploit réalisé par une bande assoiffée de victoires paraissait, quelques mois plus tôt, un pari difficile à réaliser, de surcroît en terre égyptienne et dans un tournoi qui s’était joué pour la première fois en présence de 24 pays.

Mais la «grinta» inculquée par Belmadi à ses joueurs, l’envie de réhabiliter l’image du football algérien et le soutien indéfectible des supporters sur place, ont permis à l’Algérie de sortir ses griffes et redevenir un grand d’Afrique.

La traversée du désert aura été longue pour les «Verts», qui se sont souvent heurtés à la réalité du terrain en Afrique subsaharienne, jusqu’à cette quatrième place décrochée en Angola en 2010, dans ce qui avait été le meilleur résultat depuis le trophée de 1990.

Les joueurs algériens ont pu relever le défi et réaliser un parcours digne d’un champion, pour déjouer tous les pronostics et surtout imposer le respect. Après plusieurs années de disette, l’équipe nationale est parvenue non seulement à retrouver les sommets, mais surtout se réconcilier définitivement avec son peuple..

Belmadi, l’homme providentiel

Engagé par la Fédération algérienne de football (FAF) en août 2018 pour relancer une équipe nationale aux abois, Djamel Belmadi a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué : redorer le blason des «Verts». L’ancien capitaine de l’équipe nationale a d’emblée placé la barre très haut. Ambitieux et ne reculant devant aucun obstacle, Belmadi a trouvé rapidement la bonne recette pour booster son groupe et le projeter vers l’avant.

Il avait annoncé la couleur le 1er juin 2019, lors d’une conférence de presse : «Ce rendez-vous ne constitue nullement pour moi une étape transitoire. Personne ne nous interdit d’être ambitieux dans la vie. Il fallait bien changer de discours avec les joueurs et ne pas se contenter de dire qu’il faut réaliser un bon parcours. Nous avons l’ambition de remporter cette CAN».

Pour beaucoup d’observateurs, Belmadi est le principal architecte du sacre africain. Croyant en ses objectifs, il a fini par «dompter» les plus pessimistes, mais surtout tenir sa promesse et permettre à cette nouvelle génération de rééditer l’exploit de son aînée.

Jeu rapide, passes courtes, solidarité collective. L’équipe nationale de football avait retrouvé ses vertus sous la conduite de Belmadi, dont le mérite est d’avoir redonné une âme aux «Verts».

«Les joueurs sont à féliciter, ce sont eux qui ont fait ce travail extraordinaire, avec la pression de vouloir aller au bout, ils étaient fabuleux. Je suis très heureux pour le peuple, cette nation qui attendait cette 2e étoile depuis très longtemps. Première CAN remportée à l’extérieur du pays. Il y a onze mois, j’ai récupéré une équipe dans la difficulté, réaliser cet exploit en si peu de temps est extraordinaire», avait-il réagi à l’issue de la finale.

S’imposer face au Sénégal (par deux fois), à la Côte d’Ivoire et au Nigeria dans un seul tournoi, relevait du miracle il n’y a pas si longtemps. L’équipe nationale a franchi un palier avec Belmadi, même si elle l’avait fait auparavant en 2014 sous la houlette du Bosnien Vahid Halilhodzic, avec cette place de huitième-de-finaliste au Mondial brésilien, mais sans pour autant parvenir à préserver la dynamique par la suite.

La deuxième étoile enfin sur le maillot

Très attendue par des millions d’Algériens, au pays et à travers le monde, cette finale face au Sénégal a été scellée dès la deuxième minute de jeu, grâce à l’attaquant Baghdad Bounedjah. Le buteur d’Al-Sadd (Qatar) a mis les siens sur les rails sur un tir surpuissant à l’entrée des 18 mètres qui a trompé le gardien Gomis après avoir été détourné par un défenseur sénégalais.

Au coup de sifflet final de l’arbitre camerounais Alioum Néant, les coéquipiers d’Ismaël Bennacer, élu meilleur joueur du tournoi, pouvaient exulter. Ils venaient d’ajouter une deuxième étoile sur le maillot.

«Dieu merci, nous avons atteint l’objectif fixé avant le début de la compétition. Beaucoup de gens ne croyaient pas en nous, mais nous sommes restés solidaires et avons fait un parcours sans-faute. Nous avons été la meilleure équipe du tournoi depuis la première journée de compétition. Je suis fier d’appartenir à cette équipe», témoignait Islam Slimani, meilleur buteur de la sélection en activité.

Vint le moment fort de la soirée : le capitaine Mahrez recevait le si convoité trophée en présence du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah et c’est une liesse populaire qui envahissait tout le pays, alors en plein «Hirak», 29 ans après le premier sacre, remporté par l’Algérie à domicile en 1990, sous la conduite du regretté Abdelhamid Kermali.   

Moins de deux mois après la campagne victorieuse à la CAN-2019, l’équipe nationale avait bien assumé son nouveau statut de champion d’Afrique, en battant en amical le Bénin (1-0), le 9 septembre 2019 au stade du 5-Juillet (Alger). En octobre, l’Algérie a été bousculée en amical à Blida par la RD Congo (1-1), avant de réaliser une retentissante victoire face à la Colombie (3-0) au stade Pierre-Mauroy de Lille (France).

Dans sa quête de défense du titre continental, l’Algérie a bien entamé la campagne qualificative de la CAN-2021, reportée à 2022 en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, en alignant deux victoires de rang : à Blida face à la Zambie (5-0) et à Gaborone devant le Botswana (1-0). 

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