Impact sur la santé et le bien-être des individus en Algérie

Sécurité alimentaire et politiques préventives

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KAABACHE Rachida, Doctorante en sciences économiques Université A-Mira-Bejaia

Concernant les céréales, les coefficients d’autosuffisance ont fortement baissé en deçà des 50% dans plusieurs pays, avec 14 millions de tonnes d’importations pour seulement deux pays, à savoir l’Algérie et l’Égypte, enregistrant respectivement 75% et 50% d’importations pour leurs consommations. Avec une variation des taux annuels d’importations, dépassant les 10% durant les années 70 et 3 à 6% durant les années 80, en raison des fluctuations des prix du pétrole7 . Pour les produits d’origine animale, la transition nutritionnelle vers un régime alimentaire occidental a amené les pays à développer leurs productions de viandes et de produits laitiers. Pour les viandes, l’augmentation de la production tient à un rythme soutenu de plus de 3 à 5% par an, résultant de l’importation de maïs, avec des proportions de 5% pour l’industrie avicole, 3% pour celles bovine et ovine et 1% pour le caprin.

La filière laitière, quant à elle, s’est caractérisée par des importations dépassant les 10%, ce qui a mené ces mêmes pays à mettre en place des industries de fabrication, avec une production basée sur une reconstitution des laits à partir de la poudre importée, avec une progression soutenue de 2 à 4%, mettant ainsi en péril l’industrie locale, laquelle souffrait de difficultés d’organisation et d’amélioration de sa productivité. Les importations des huiles ont été très importantes (de 5 à 10 % par an selon les pays), avec une faiblesse de la production résultant des problèmes rencontrés par les huileries axées sur la transformation des graines oléagineuses importées. Durant les années 2000/11, l’Algérie a connu une hausse très importante des importations d’huiles végétales sauf pour l’huile d’olive, en effet la consommation était en 2009, de 12 kg/personne en Algérie (contre 17 kg en Tunisie et 12 au Maroc), ce qui reflète une augmentation de la demande de plus de 78% avec une production insuffisante de 70 000 t, couvrant un marché intérieur d’une demande d’environ 430 000 t . Pour la production de sucre, la progression demeura forte durant les années 60-70, les producteurs étant localisées dans quatre pays de la zone : Turquie, Égypte, Maroc (autosuffisance de 66%), pour se ralentir et baisser durant les années 80. Cependant on note une dynamique de l’exportation pour l’Algérie, en 2000, avec la raffinerie du groupe Cevital de Béjaïa, enregistrant un montant de 270 millions USD8 . Globalement, le coefficient d’autosuffisance des PSEM est en baisse malgré une hausse moyenne annuelle des productions de 5%.9 IV. La situation alimentaire en Algérie 1. Caractéristiques du régime alimentaire 

Le régime alimentaire algérien est basé essentiellement sur une consommation accrue de céréales, particulièrement de blé sous toutes ses formes (pain, couscous, galettes de pain etc.), avec une consommation qui a doublé en l’espace d’un demi-siècle, passant respectivement de 2005 à 2009 de 203 à 229,75 kg/an par personne contre 206 et 175 kg/an par personne en Tunisie et au Maroc. 

  1. Une lourde facture alimentaire 

La sécurité alimentaire en Algérie se trouve menacée, le pays étant dépendant des marchés extérieurs et les prix des denrées alimentaires étant caractérisés par la volatilité. L’Algérie importe 80% de sa consommation alimentaire et figure, depuis 2005, parmi les dix principaux pays importateurs de produits alimentaires au niveau mondial avec une quatrième place mondiale en 2008, en sa qualité d’importateur de blé, après l’Europe des 27, le Brésil et l’Égypte. En 2011, les dépenses alimentaires ont atteint 1875 milliards DA, soit environ 18 milliards €, ce qui représente 48 650 DA (486 €) par habitant. La facture alimentaire en Algérie a quadruplé entre 2000/11, avec 68% pour le blé (x 3,5), 24% pour le maïs (x 5,7) et 3% pour les aliments pour enfants (x 52), La dépense en matière de céréales (en milliards de $) a dépassé un montant de 6 en 2010, contre 5,86 en 2009, 7,716 en 2008 et 4,954 en 200711 . Pour les quantités de céréales, la moyenne des importations algériennes, ont été de 5,8 millions de tonnes (MT) par an, entre 2000 et 2012. En 2011, le pays atteint une quantité de plus de 4,5 MT de blé, dont 3,97 MT (contre 2,93 MT en 2010) de blé tendre et 904,8 tonnes (contre 996,3 tonnes en 2010) de blé dur. Avec une dépense de plus de 1,5 milliard de $ de blé, dont 1,10 milliard de $ (contre 395,34 millions de $ en 2010) de blé tendre et 410,63 millions de $ (contre 269,50 millions de $ en 2010) de blé dur. Au cours de cinq années (2010/15), le pays a importé en moyenne, près de 6 millions de tonnes de blé par an, ce qui représente 70 % de son utilisation domestique. Pour l’année 2015/16, 7,5 millions de tonnes. Cette tendance se poursuivant pour atteindre 60% d’ici 202012, d’après les projections.

Nous pouvons apprécier l’évolution des importations de blé et de leurs consommations en même temps, durant une période de treize ans, pour les plus grands pays importateurs de blé dans le monde. Ce tableau, actualisé par les services du département américains de l’agriculture, nous renseigne sur l’importance de la consommation de blé de notre pays, lequel est bien classé, pour une population de 40 millions d’habitant devant des pays surpeuplé tel que le brésil, l’Égypte ou les vingt-sept pays de l’union européenne. 

Ses chiffres, nous apprennent que le modèle traditionnel auquel on appartient persiste toujours, et que le taux de protéines d’origine végétale, à base de blé, prône dans notre alimentation et nous pensons que la situation ne risque pas de changer, sauf si nous optons pour des programmes de sensibilisation dans les écoles à travers les programmes scolaires et dans les repas offert au niveau des établissements scolaires.

  1. Défis et avenir de la sécurité alimentaire en Algérie 

La sécurité alimentaire en Algérie est compromise, le pays demeurant dépendant des marchés extérieurs pour son alimentation, en particulier en céréales et oléo-protéagineux constituant la base de sa diète. Cette dépendance lui a coûté un déficit budgétaire de 40 milliard USD en 2011 soit 4 fois plus qu’en 2000, surtout à cause de l’augmentation des prix sur le marché international, de la consommation alimentaire et de la croissance de la démographie, avec une projection de 45 millions d’habitants d’ici 203013. 

Cette situation est alarmante et des solutions doivent être prises si on ne veut pas risquer, la santé et le bienêtre des individus qui souffrent déjà d’un déséquilibre alimentaire et nutritionnel. a. Le défi démographique En 2016, Selon l’ONS, la population algérienne a dépassé le seuil des 40 millions d’habitant et cette tendance va continuer à croître dans les prochaines années, pour dépasser de loin les 50 millions en 2050, avec un taux d’accroissement naturel passant de 1,48 en 2000 à 2,03 en 2010 pour atteindre les 2,15 % en 2015. 

Cette tendance doit être impérativement amortie par l’utilisation de la contraception et dans ce cadre, c’est le rôle des compagnes de sensibilisation de s’en charger. Car pour assurer la sécurité alimentaire, qui est la préoccupation majeure du pays à moyen et à long termes, il faut recourir soit à la baisse de la population ou soit à l’accroissement de l’offre agricole, laquelle souffre d’une instabilité de la production qui doit faire face aux CC et à la baisse du rendement ou bien aux importations, manquant de leur côté, des moyens financiers surtout avec les crises alimentaires survenues ces dernières années. Le défi à relever est de freiner l’accroissement de la population à court terme et de le baisser à moyen et à long termes, par le biais de la sensibilisation, surtout des mères à travers les médias et des enfants au niveau des écoles, sur les effets bénéfiques du contrôle des naissances, à la fois, sur la santé et le bien-être de l’individu. Nous pouvons apprécier l’évolution positive de certains indicateurs démographiques en Algérie durant les 25 dernière années. Nous pouvons remarquer l’amélioration surtout des indices de mortalité, ce qui peut s’expliquer par une meilleur prise en charge des maladies infantiles durant la petite enfance, surtout avec les programmes de vaccination financés par l’État des vaccination.

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