Impact sur la santé et le bien-être des individus en Algérie

Sécurité alimentaire et politiques préventives

0 2 598

KAABACHE Rachida, Doctorante en sciences économiques Université A-Mira-Bejaia

Aussi la mortalité générale est en nette baisse à cause surtout du recul des maladies transmissibles, et l’augmentation de l’espérance de vie à la santé qui est passée de 66,9 ans en 1990 à 77,1 ans en 2015.

  1. Le défi climatique

À ce défi démographique, s’ajoute la menace du réchauffement climatique, qui pourrait nuire aux ressources naturelles. En 2016 et selon les estimations de la FAO, 37 pays d’Afrique, dont 28, ont besoin d’une aide alimentaire extérieure, principalement, en raison de la sécheresse associée au phénomène El Niño qui a engendré le recul de la production, causant ainsi des problèmes de sécurité alimentaire. L’Algérie est aussi concernée par les CC et selon les différents scénarios, le réchauffement climatique a engendré des effets négatifs plus importants qu’ailleurs. Avec une hausse des températures se situant entre 1,5° et 2°C et une baisse des précipitations variant entre 10 et 20%. 15 Les conséquences de ce changement sur l’agriculture sont néfastes, avec une prévision d’une baisse du rendement des cultures céréalières de 6 à 14% et des légumes de 10 à 30%, d’ici 2020 et des pénuries d’eau. D’où une incidence grave sur les niveaux de la sécurité alimentaire dans la région et un recours accru aux importations agroalimentaires.

Le défi à relever est de sensibiliser la population sur l’importance de préserver les ressources naturelles et de penser aux générations futures, tout en adoptant des politiques contre la sècheresse et les pénuries d’eau en bâtissant plus de barrage et en commençant une exploitation effective du désert algérien par exemple. 

  1. Défi sanitaire

C’est au début du XIXe siècle, qu’un lien indirect a été établi entre la santé et le climat par Heinrich BERGHAUS, qui a dessiné une carte climatique du monde en lui associant une liste de maladies caractéristiques à chaque région. Au début, les scientifiques se préoccupaient uniquement des risques toxicologiques ou microbiologiques, mais à présent avec la progression des problèmes sanitaire, ils se sont intéressés à tous les problèmes liés à la santé humaine, entre autres à l’impact des CC17 L’impact du CC sur la santé est devenu évident, il est à la fois direct et indirect. Pour le premier, il concerne la transmission de maladies infectieuses (vectorielles). Pour le second la baisse de la productivité alimentaire régionale, en particulier les céréales : puisqu’il représente les deux tiers de l’énergie alimentaire mondiale, ce qui va engendrer des maladies nutritionnelles avec une ampleur plus accentuée de l’effet indirect. En outre, ils peuvent non seulement affecter la santé d’une population mais aussi mettre en péril le bien-être et la santé des générations futures18 .

La malnutrition 

♣ Caractéristiques

 « On définit la malnutrition comme étant une condition physiologique anormale découlant d’une alimentation déséquilibrée, en quantité, en qualité, ou les deux à la fois. On distingue trois types de malnutrition : la malnutrition chronique, la malnutrition aiguë et les carences en micronutriments. Ces trois types se rencontrent souvent chez les mêmes personnes et ne sont pas mutuellement exclusifs ». La malnutrition est le résultat de facteurs endogènes tel qu’une méconnaissance des règles nutritionnelles ou sanitaires liées à des comportements malsains, ou exogènes liées aux inégalités socioéconomiques, aux conflits ou au développement économique.

État des lieux 

La malnutrition et le mauvais régime alimentaire sont responsables, sur le plan de la santé, de l’émergence des maladies non transmissibles, des famines, des déficiences et de l’augmentation de la mortalité surtout maternelle et infantile, particulièrement chez les enfants de moins de cinq ans, ce qui engendre de graves problèmes de santé publique, suivis d’une augmentation des dépenses de santé. Et sur le plan économiques, des pertes annuelles de PIB, sont dues, soit à l’absentéisme ou aux invalidités, soit aux morts prématurées, classées comme les principaux facteurs de risque à l’origine de la charge mondiale de morbidité. En Asie et en Afrique, le coût de l’insuffisance pondérale, de la croissance et des carences en micronutriments est de l’ordre de 11 % du PIB. 

Pour la chine, un diagnostic du diabète entraîne une perte de revenu annuel de 16,3 % pour les personnes atteintes, tandis que pour les États-Unis d’Amérique, le coût annuel des frais médicaux supplémentaires est de l’ordre de 8% du revenu annuel, relatif aux charges d’une personne souffrant d’obésité. En 2003, le nombre de morts dues à la faim et aux maladies résultant des carences nutritionnelles est de 36 millions. 

Pour les enfants, en 2004, un nombre de 152 millions de nouveau-nés avec un faible poids à la naissance, dont 50 % ont gardé des séquelles20 . En 2006, selon la Fao, deux milliards de personnes souffrent de la malnutrition dont 854 millions dans un état de sous-alimentation chronique. La répartition géographique est de 820 millions dans les pays en développement, 25 millions dans les pays en transition et 9 millions dans les pays développés. En 2013, on estime à 45 % le nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans liés à la malnutrition.

À partir du tableau 3, nous pouvons apprécier la prévalence de la sous-alimentation par continent durant une quinzaine d’année. Nous pouvons remarquer, que l’Afrique est en tête avec un taux de 24,3 % en 2000 contre seulement un pourcentage inférieur à 2,5 % en Amérique du nord et Europe, ce qui montre la situation sanitaire à laquelle est confronté tous les pays de la région. Pour la région à laquelle l’Algérie appartient, la prévalence est en hausse passant de 6,8% en 2000 à 8,3 % en 2016, ce qui nous emmène à réfléchir sur la politique nutritionnelle existante dans ses pays et l’impérativité d’un changement pour ne pas tomber dans des problèmes de santé publique incurable La conséquence directe de la malnutrition est l’incapacité, le retard de croissances mentale et physique, les carences en micronutriments et en dernier lieu la mort surtout prématurée. La conséquence indirecte est une augmentation des frais médicaux, l’absentéisme et la détérioration de la qualité de vie, ce qui impliquera un retard du développement socio-économique des pays. La tranche la plus sensible, sont les enfants de moins de cinq ans, avec 60% des 10,9 millions enfants de moins cinq ans morts soufrait de malnutrition en 2008. 

La carence la plus importante et celle de l’iode aisément évitable, mais dont les répercutions sont désastreuses, avec le crétinisme touchant 700 millions de personnes dans le monde Également, la carence en vitamine A, causant une cécité évitable ou l’anémie qui touche plus de 2 milliards de personnes, qui touche surtout les femmes et les enfants, ces derniers risquant une mort prématurée, pourtant c’est une maladie aisément évitable22 . 

Les maladies non transmissibles/ Caractéristiques 

Les maladies non transmissibles (MNT) ou maladies chroniques, sont des maladies silencieuses, car elles prennent du temps pour se manifester, souvent des années voire des décennies. Les plus importantes sont les maladies cardiovasculaires, les différents cancers, le diabète etc. Elles causent plus de décès que toutes les autres causes combinées, avec un taux de 63% des 57 millions de décès survenus en 2008. Aussi elles sont responsables des décès prématurés (15,4 millions de décès en 1997), d’une détérioration de la qualité de vie des individus et d’une incidence fâcheuse sur l’économie. 

D’ici à 2025, le nombre devrait atteindre les 300 millions, principalement dans les pays d’Inde, de Chine et aux États-Unis d’Amérique. Résultant de l’accroissement de la population, de son vieillissement et de l’urbanisation. Or, la majorité d’entre elles sont évitables, c’est pourquoi il faut donner la priorité à la prévention pour assurer le bien-être de la société.

Le cancer est une maladie liée au mode de vie et au comportement à risques plus qu’à l’hérédité, il apparait, en général, à partir de l’âge de 50 ans. Selon l’OMS, dans le monde, le nombre atteint est de plus de 10 millions de personnes en 1996 avec au moins 6 millions qui sont déja morts. 

Aux Etats-Unis d’Amérique, l’âge moyens pour contracter un cancer est de 65 ans avec une augmenation de sa mortalité de 7% entre 1973 et 1990. En France, selon le réseau Francim des registres du cancer, le nombre de nouveaux cas de cancer est estimé à 135 000 chez les hommes et 103 000 chez les femmes en 199524 En Algérie, l’âge moyen pour contracter un cancer est de 54 ans , selon les registres du cancer, le nombre de nouveaux cas de cancer est d’environ 45 000 par an et 24 000 décès en 2014.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.