La BA révise à la baisse les coûts d’emprunt

Tout en observant une démarche prudentielle

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Par Abdelkader Mechdal       

On s’attendait à ce que la Banque d’Algérie (BA) intervienne pour calmer un marché monétaire sous l’emprise d’un manque flagrant de liquidité, chose qui a coïncidé avec cette annonce de l’utilisation des deux grands outils de la politique monétaire, qui sont de faire baisser le taux des réserves obligatoires des banques primaires, d’une part, et d’activer les opérations d’open market, d’une autre part.

 

Concrètement, la Banque d’Algérie a dû réviser de nouveau le taux des réserves obligatoires des banques primaires à la baisse de 3%, du niveau de 6% pratiqué jusque là, ce qui voudrait dire que les disponibilités financières sur le marché interbancaire vont augmenter en valeur, ce qui donnerait une meilleure appréciation à la pratique de la politique monétaire du pays dans cette phase cruciale de crise de liquidité, suite à l’observation de cette tendance à la thésaurisation de la part du public, et bien sûr en relation avec la fuite qui s’opère en faveur du marché parallèle, là ou les opérations commerciales bénéficient d’une meilleure rémunération en échappant au fisc.

L’augmentation attendue des disponibilités en relation avec la manipulation vers la baisse des réserves obligatoires, va permettre de mettre à la disposition des banques commerciales, quelques 110 milliards de dinars supplémentaires pour chaque point baissé du taux ancien, ce qui donnerait une injection de 330 milliards de dinars sur le marché interbancaire, constituant un peu plus qu’un tiers (1/3) de la liquidité totale calculée en juin passé, qui était de l’ordre de 960 milliards de dinars. Cette nouvelle injection d’argent voudrait dire aussi que les coûts d’emprunt doivent baisser eux aussi, dans une opération d’encouragement au profit des opérateurs économiques à demander plus de crédits dans le cadre de leurs investissements, ou carrément pour faire face à leurs dépenses d’exploitation.

Le deuxième outil utilisé par la Banque d’Algérie, qui est en relation avec l’activation des opérations principales de refinancement qui consiste à réviser à la baisse du taux d’emprunt de la part des banques commerciales pour une période de court terme, ne dépassant pas un mois dans le cadre de cette nouvelle décision, ce qui parait comme un engagement prudentiel, puisque cette opération permet d’offrir plus de liquidité aux banques qui auront la capacité de remboursement à la fin de période considérée, et là qui va du 15 septembre au 15 octobre prochain. Cette intervention à très court terme, utilisée chaque six mois, peut aller de quelques jours à un mois, permet en fait de mieux observer les tendances induites par la décision de refinancement, et de faire en sorte de maitriser l’inflation, puisque l’injection de l’argent frais peut aboutir à des augmentations non calculées du niveau général des prix, chose qui doit rester sous contrôle des autorités monétaires, d’où l’observation de cette discipline qui consiste à travailler sous des règles prudentielles strictes.

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