La céréaliculture, fer de lance de notre économie

Sécurité alimentaire, développement durable

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L’Algérie, qui était le grenier de l’Europe, a perdu de son aura et de son authenticité durant ces cinquante dernières années. De super-producteur, à super-importateur, nos champs ont perdu et de leur valeur et de leur productivité. Après des décennies de flottement et d’importations en masse, l’agriculture refait surface, et enregistre de bons résultats. Ces résultats, ajoutés à la nécessité d’économiser nos rentrées en devises, ont poussé le gouvernement à mettre le paquet pour pérenniser les bons chiffres de ce secteur. C’est principalement la céréaliculture qui focalise toute l’attention des pouvoirs publics. Noureddine Bedoui, le Premier ministre, a affirmé, que le gouvernement était déterminé à impulser et développer la filière céréalière pour assurer la sécurité alimentaire du pays et renoncer graduellement à l’importation tout en ouvrant des perspectives d’exportation dans l’avenir.

 

Selon Bedoui, le gouvernement est déterminé à soutenir ce secteur notamment dans le Sud et les Hauts-Plateaux, au vu des compétences et des capacités productives dont recèlent ces régions faisant d’elles l’avenir de l’agriculture en général, et particulièrement la filière céréalière.

Selon des sources au fait de ce dossier, le gouvernement table énormément sur ce secteur pour sortir de l’ornière des exportations des énergies fossiles, diversifier nos rentrées en devises, et s’assurer une autonomie et sécurité alimentaires, nécessaires à tout développement. 

A cette réunion interministérielle consacrée à l’examen du programme de développement de la filière céréalière, ont pris part, les ministres de l’Enseignement supérieur, de l’Industrie, de l’Agriculture, du Commerce et des Ressources en eau, des deux secrétaires généraux des ministères de l’Intérieur et des Finances, du directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) et du DG du Bureau national d’études pour le développement rural (Bneder).

M Bedoui s’est félicité des résultats très positifs réalisés dans cette filière stratégique, considérée comme un pilier de la sécurité alimentaire en Algérie et un catalyseur devant booster le développement du secteur agricole et l’essor de l’économie nationale de façon générale.

A ce propos, le Premier ministre a donné une série d’instructions, notamment la mise en place d’une stratégie globale pluriannuelle pour le développement de la filière céréalière dont l’OAIC sera son principal pilier et l’outil de l’Etat pour sa mise en œuvre.

Tous les efforts devront converger au seul but de faire progresser la filière céréalière, la rendre plus rentable et mieux «exportable»

M Bedoui a ainsi chargé le ministre de l’Agriculture d’élaborer un plan de développement ambitieux correspondant aux objectifs stratégiques et aux missions de l’OAIC, notamment la régulation et l’organisation de la filière outre la production. Un plan qui sera soumis, avant la fin du mois courant, au Conseil des participations de l’Etat (CPE).

Il a décidé également d’octroyer à l’OAIC des incitations et des réductions sur les taux d’intérêt des crédits bancaires qui lui ont été accordés, appelant à la mobilisation de toutes les ressources matérielles, financières et humaines pour la concrétisation de cette stratégie.

En outre, il a été décidé, lors de cette réunion, d’initier une panoplie de procédures exceptionnelles de soutien en vue d’encourager les investisseurs agricoles dans le domaine de la production céréalière à l’effet d’augmenter leur niveau de production et élargir leurs investissements, particulièrement à travers l’augmentation des prix d’achat du blé tendre dans tout le territoire national et en décrétant une aide supplémentaire au profit des producteurs des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux. Les propositions, dans ce sens, devront être présentées lors de la prochaine réunion du gouvernement pour adoption, dont le soutien aux agriculteurs pour l’élargissement des espaces irrigués pour la céréaliculture dans le sud et les Hauts-Plateaux.

Dans le même sillage, le Premier ministre a ordonné l’adoption d’une approche de généralisation des énergies renouvelables dans le cadre de la relance des projets d’électrification agricole de façon à permettre d’économiser les ressources et de garantir un bénéfice à un plus grand nombre d’investisseurs agricoles, cette mesure ayant été une revendication insistante de cette catégorie.

Par ailleurs, il a appelé à poursuivre la régulation et l’organisation de l’activité de transformation du blé subventionné en introduisant des quotas au profit de tous les transformateurs à hauteur de 40% de leurs capacités de transformation.

M Bedoui a souligné la nécessité de simplifier les procédures relatives à la commercialisation, le transport et l’utilisation des engrais par les investisseurs agricoles à travers la révision du cadre réglementaire.

Ces mesures phares, si elles venaient à être concrétisées, permettront à ce secteur longtemps dévalorisé, de redorer son blason, soutenir notre économie, et partant, d’exporter.

Les mois à venir seront sérieux pour ce secteur, et nos paysans devront faire davantage de sens d’abnégation, de clairvoyance économique, et surtout faire appel à toute leur technicité et savoir-faire en la matière. Il y va de notre avenir.

Par Réda Hadi

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