La garantie de l’Etat…outil pour l’octroi des crédits

Couverture des risques bancaires

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Dans le cas où les banques commerciales ne pourront pas faire de concessions au profit des opérateurs économiques, et leur débloquer les crédits qu’ils demandent, il devient nécessaire que l’Etat intervienne pour faciliter l’octroi des financements et soutenir l’activité économique, surtout au temps de crise comme l’actuelle en relation avec la covid-19.

Se plaindre des lourdeurs administratives dans l’étude des dossiers de crédits par les banques est une question qu’il faut régler dans un cadre concerté qui regrouperait les départements ministériels de compétence et les instances de la banque d’Algérie qui agissent comme l’autorité extrême régulant le système bancaire. Cette concertation doit faire la distinction entre les éléments alimentant ces lourdeurs, qui freinent l’engagement des opérateurs dans le cadre de l’investissement, et les autres éléments conjoncturels qui sont des facteurs externes n’engageant en rien la responsabilité de la banque.

Dans ce cadre là, il y’a lieu de revenir aux rapports officiels, comme ceux du département de l’agriculture, qui font allusion aux difficultés que rencontrent les céréaliculteurs pour avoir des crédits leur permettant d’entamer leur activité dans le temps qu’il faut, ce qui entrave le plan sectoriel touchant aux cultures stratégiques. Là, si la demande faite aux banques pour réduire les démarches en relation avec l’étude des dossiers des crédits, est très compréhensible, il reste que de leur demander de revoir l’exigence de se souscrire à une police d’assurance pour la couverture des risques multiples en relation avec l’activité, ça relève plutôt de la compétence d’autres intervenants, et non pas celle des banques.

Alors, revenant aux dernières déclarations du président de la république qui incite les gestionnaires publics à mettre plus de dynamisme dans leur métier, il a cité précisément les banquiers à qui il a demandé d’appliquer la réglementation surtout en relation avec la constitution des garanties, ce qui veut dire l’assurance crédit aussi comme élément protecteur des avoirs de la banque et de ses clients, chose qui fait que demander de revoir la condition en relation avec l’assurance, sort des prérogatives des banquiers, pour se situer à un autre niveau d’intervention.

Dans une situation où les risques ont augmenté d’une façon considérable, suite aux développements de la crise sanitaire de la covid-19, qui a marqué le monde des affaires vu le niveau des pertes subies par les entreprises, les capacités de ces dernières à faire face toutes seules aux effets négatifs découlant, sont très réduites ce qui mène à une intervention publique accrue à travers le monde, pour couvrir justement, ce genre de risque. A partir de cette constatation, il devient primordial que l’Etat utilise ses prérogatives et instaurer une garantie publique qui sera prise en charge par le trésor, pour couvrir les risques auxquels sont exposés les opérateurs économiques en activité dans des domaines classés stratégiques par l’Etat, dont la céréaliculture. Une intervention qui aura à lever une contrainte majeure pour l’octroi des crédits, et soutenir ainsi la production céréalière dans le pays.     

Abdelkader Mechdal    

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