La production pharmaceutique face aux contraintes administratives

En dépit d’un engagement public en sa faveur

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Par Abdelkader Mechdal    

Dans un contexte où la lourdeur administrative reste une contrainte majeure devant la concrétisation des investissements, l’opportunité que représente l’engagement des professionnels qui veulent aller de l’avant dans la promotion de la production nationale, ne peut en aucun cas être réduite à la simple appréciation bureaucratique.

    

Si c’est le cas, l’économie nationale aura à perdre davantage de temps pour se placer au niveau requis par les potentialités tant matérielles qu’humaines dont elle dispose.

Le cas révélateur du secteur de la production des produits pharmaceutiques est témoin à la fois de la dynamique des opérateurs dans le domaine, et bien sûr, du poids des contraintes rencontrées en relation avec une administration publique, qui ne s’est pas adaptée avec les exigences de la loi du marché.  Dans ce cadre, il y a lieu de remarquer que cette industrie a entamé ses premiers grands pas à partir de l’investissement public à travers plusieurs unités de production de médicaments stratégiques à l’instar des antibiotiques, et l’implantation de ces unités à travers le territoire national. L’ouverture du marché national à l’investissement privé, a permis, quant à elle, de capter l’intérêt des professionnels dans le domaine, et ce, dès le début des années 1990.

Du point de vue des autorités publiques, l’encouragement de la production pharmaceutique nationale a un double objectif, l’un est en relation avec la substitution des importations, et l’autre avec la garantie de la sécurité de  l’approvisionnement. Il est clair que le recours à l’importation massive des produits pharmaceutiques a joué au détriment de l’instauration d’une industrie nationale du médicament et des produits hospitaliers, ce qui a accentué la pression sur les avoirs en devises. La crise actuelle, que connaît l’économie nationale, ne laisse guère de choix devant les pouvoirs publics que de soutenir la production interne, tant que la rareté de la devise et les nouveaux défis liés à la pandémie du Covid-19 mettent l’Etat dans une situation délicate qui est celle d’assurer un niveau de couverture des besoins sanitaires du pays.

Mais pour les opérateurs, le problème qui se pose est en relation avec la passivité avec laquelle les programmes de développement sectoriels sont pris en charge. La particularité du marché du médicament est liée à l’innovation dans le cadre de la conception des molécules en relation avec la mutation des maladies, ce qui fait que la production a une dépendance directe avec la recherche scientifique dans le domaine. 

En fait, cette particularité crée une contrainte majeure devant l’accomplissement des programmes d’investissement et de production de la part des opérateurs, puisque pour pouvoir passer à la production, il faut avoir une autorisation des instances publiques, chose qui ne se fait jamais selon le rythme du marché et de la concurrence, mais selon le rythme de l’administration elle-même.   

A partir de cette situation, il devient difficile de se maintenir sur un marché très exigeant, vu que les besoins thérapeutiques s’ils ne trouvent pas de couverture à l’interne, on passe obligatoirement à l’importation qui  va au profit des laboratoires étrangers. Cependant, reste que l’acharnement de certains producteurs nationaux à diversifier leur intervention a permis au pays de garantir quelque 50% des médicaments prescrits et consommés en Algérie, un niveau beaucoup plus supérieur au taux de couverture en Afrique ne dépassant pas 10% seulement, et ce, selon les chiffres communiqués par l’Union africaine. 

Alors, l’engagement des pouvoirs publics algériens aura à prendre en charge, selon les ministres du commerce et de la Production pharmaceutique, l’ouverture des frontières devant les opérations d’exportation et l’encouragement du placement du produit national à l’étranger. Comme il sera question de mettre fin aux entraves bureaucratiques, ce qui devra se traduire dans le proche avenir en hausse du taux de couverture de la demande interne en médicaments et produits pharmaceutiques.       

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