La réforme des pratiques bancaires une nécessité absolue

La BA appelée à imposer le respect de la réglementation

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La régulation du marché monétaire par la Banque d’Algérie (BA) doit revenir aux pratiques universelles consistant à préserver le droit des clients à une prestation de qualité, et que les services bancaires soient en mesure de régler la demande pour l’ouverture des comptes, le transfert intra et interbancaire, et bien sûr toutes ces interventions qui doivent se faire dans la transparence et la clarté, dans un esprit qui doit privilégier l’accompagnement des clients et la préservation de leurs intérêts.

Il est étonnant que le fait de bafouer la loi encadrant les pratiques bancaires soit un exercice normal dans l’espace national des banques, dans la mesure où le client dans des cas précis, reste lésé de son droit à une prestation respectant l’engagement des institutions financières en faveur de ce dernier, lui garantissant un service de qualité. Pour un client qui demande le transfert d’argent d’une banque privée à une autre publique chaque mois, dans le cadre du règlement des mensualités en relation avec un crédit contracté auprès de cette dernière, et que l’opération ne se fasse pas dans le respect du droit du client à l’information en temps réel de l’aboutissement de la prestation, il est nécessaire qu’il soit couvert dans tout dysfonctionnement qui puisse arriver hors sa volonté.

Alors que dans les faits, le client est appelé à payer une pénalité de retard, après que sa banque créditrice n’a pas reçu les transferts sur compte-client qui allaient lui régler ses remboursements mensuels. La faute est très bien établie, la banque privée a omis de faire le transfert d’argent en arguant qu’au temps du confinement l’agence bancaire gérant les opérations au profit du client, assurait un service minimum et ce par manque d’effectif, ce qui l’a mené à retarder l’exécution des transferts pour plusieurs mois, chose qui a mis le client dans la situation d’infraction en relation avec la banque publique.

Cet incident n’aurait jamais eu lieu dans le cas où le système bancaire travaille dans la rigueur imposée par l’autorité régulatrice, qui est la banque centrale. Cette dernière, et dans tout état de cause, doit improviser des contrôles systématiques pour situer l’état des services bancaires et leur conformité avec la réglementation, dans le cadre de ses prérogatives dans l’imposition du respect strict des engagements envers la clientèle. Et dire que la réforme bancaire en Algérie tarde toujours à voir le jour, ce qui prolonge un état d’esprit qui a toujours régné qui est de mettre le client dans un second rang, et de ne pas chercher forcément à le satisfaire, et ce tant que la concurrence reste loin d’être instaurée d’une part, et les sanctions qui doivent être infligées aux banques travaillant sans respect de la loi, ne sont pas opérationnelles. Une situation qui encourage en fait le statut-quo, reflétant un profond retard par rapport à ce qui se fait dans des pays proches de l’Algérie, faisant de la révision des pratiques bancaires une nécessité absolue si le pays veut atteindre l’efficacité attendue de son système bancaire.

Abdelkader Mechdal

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