La réforme du système fiscal, indispensable pour renforcer les aides publiques

Préservation du caractère social de l’Etat

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Par Abdelkader Mechdal    

La préservation du caractère social de l’Etat est une action collée aux autorités publiques, en économie de marché, dans une démarche globalement privilégiant l’optimisation de l’utilisation de l’argent public, ce qui veut dire que l’aide financière de l’Etat doit être acheminée vers des utilisations rentables, et bien sûr, au profit des catégories les plus vulnérables, ce qui maintiendrait un certain niveau de vie garantissant la stabilité socioéconomique de l’Etat.

    

Les concepteurs du système-marché ont pris la peine de mettre en avant des interventions indispensables de l’Etat, pour arriver à un niveau de perfection du système lui-même à partir d’un mode de gouvernance privilégiant la meilleure utilisation de la dépense publique. Ce résultat est tellement recherché que les pouvoirs publics doivent impérativement mettre des projections expliquant comment l’argent public va être utilisé, et quel serait l’intérêt général du pays dans la conduite du gouvernement observée en la matière. Justement, ce problème constitue dans le cas de l’Algérie une vraie problématique du fait que les pouvoirs publics n’ont jamais prêté attention au calcul des coûts des projets de l’Etat et les comparer avec la rentabilité de ces projets, pour mieux convaincre de la bonne utilisation de la dépense publique.

Les plus optimistes des observateurs du domaine de l’utilisation de la dépense publique, considèrent que pour tout dollar dépensé, l’économie récupère 0.7 dollar, et pour les pessimistes d’entre eux l’économie ne récupère que 0.3 dollar, ce qui veut dire que la richesse nationale est en perdition d’une façon continue, faisant qu’entre 30% et 70% de ce que dépense le gouvernement ne revient jamais aux caisses de l’Etat. Et puis le grand tort est que le gouvernement ne sait pas si son plan de dépense va aboutir à une rentabilisation ou pas, et bien entendu, ceux qui défendent le mode de gestion publique vont considérer que dans un pays à caractère social, la rentabilité financière viendrait en seconde position en importance, oubliant que l’Etat a besoin de récupérer au moins les sommes dépensées, pour qu’il puisse continuer à soutenir le secteur social par exemple.

Par conséquent, dans un pays rentier comme l’Algérie, le problème est plus crucial, puisque les pouvoirs publics ne font que dépenser des ressources qui se raréfient pour ce qui est du pétrole et du gaz, sans pouvoir renouveler ses sources de financement, surtout que les fuites en relation avec l’évasion fiscale, ne permettent pas de récupérer tout l’argent dû au Trésor public, et que l’assiette fiscale reste insuffisante pour améliorer le revenu de l’Etat. Et là, il faut remarquer que la seule solution qui puisse garantir l’augmentation des rentrées publiques, pour prendre en charge de fait, les aides financières au profit des investissements stratégiques et des gens les plus vulnérables, demande de prôner un mode de réglementation flexible facilitant la tâche aux détenteurs de projets, chose qui pourra améliorer les capacités financières de l’Etat, et ce, en adoptant des taux d’imposition bas et une gestion numérique de la relation avec les entreprises et les individus, ce qui constituerait une nouvelle approche du modèle économique du pays, et une base pour la réforme de la finance publique.        

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