La régulation doit passer à des mesures de rationnement

La subvention des produits alimentaires encourage la surconsommation

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Par Abdelkader Mechdal       

La production exceptionnelle des minoteries entre autres entreprises assurant l’approvisionnement du marché national en denrées alimentaires, en ces temps de crise, doit être accompagnée par une rationalisation des ventes aux consommateurs, pour mieux gérer les circonstances en relation avec le coronavirus.

Justement, la régulation du marché par des instances publiques ne peut en aucun cas signifier l’approvisionnement des points de distribution à travers le territoire national sans suivre le travail fait, par une rationalisation de cette distribution, vu que la demande sur le marché explose et pousse à l’utilisation des capacités de production à son niveau maximal, au risque de voir les stocks diminuer à un rythme aux conséquences négatives sur les disponibilités, surtout que le facteur temps n’est pas maîtrisé en ces temps de pandémie que personne ne peut estimer son ampleur ni son étendue. 

A partir du fait que la tendance est pour l’augmentation des achats de la part des consommateurs, il est d’importance de passer vers une régulation stricte, tant que le comportement du consommateur est guidé par la peur de rupture des disponibilités, et passe ainsi à plus d’achats, dans un contexte encourageant puisque les prix sont subventionnés par l’Etat, ce qui ouvre la voie à l’exagération dans la demande d’une façon générale dans tout le pays. Une situation, qui a encouragé des commerçants exerçant dans le gros ou le détail a joué à la spéculation et à l’augmentation des prix, là où pour la semoule moyenne qui connaît une explosion de la demande, son prix est passé de 35 DA le kilo à 100 DA dans certains commerces de détail de la capitale.

Le problème, qui se pose donc, est lié au fait que les prix subventionnés limitent toute intervention pour freiner la consommation et la demande excessives, ce qui met de la pression sur les instances publiques, qui pourront normalement passer de la position de simples producteurs garantissant les quantités demandées sur le marché, à celle d’imposer via l’engagement des professionnels et distributeurs, la vente rationnée aux citoyens en limitant les quantités à leur vendre. 

Cette opération a donné des résultats importants dans des pays européens, qui ont dû affronter l’explosion de la demande ces jours de crise du coronavirus, par la limitation des quantités à vendre dans la grande distribution et dans les épiceries pour chaque individu. Une opération qui touche toutes les denrées alimentaires qui connaissent une explosion d’achat, quoique ces pays soient dotés de moyens de production énormes, par rapport à un pays importateur comme l’Algérie.  Aussi, dans les pays à libre détermination des prix, la régulation est exercée par les commerçants eux-mêmes, qui proposent des prix bas à l’unité et dès que la commande dépasse une unité, le prix double ou triple, dans une opération de dissuasion pour mieux gérer les disponibilités de l’enceinte commerciale, ce qui a donné de bons résultats. 

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