L’accord Opep+ devant un nouvel examen difficile

Persistance du différend entre les principaux producteurs

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Par Abdelkader Mechdal          

Il est grand temps pour que le nombre de pays concernés par l’accord de réduction des quotas de production de pétrole soit élargi à d’autres pays qui ont gardé jusqu’ici la position d’observateurs sans qu’ils ne contribuent à l’équilibre du marché. La chute des prix de la façon spectaculaire que les marchés ont dû vivre ces derniers temps, avec la descente sous la barre des 20 dollars le baril fin mars, a poussé de nouveaux pays à exprimer leur volonté à la contribution à l’accord de stabilisation des marchés.

De plus en plus, on se rend compte que le différend entre l’Arabie Saoudite et la Russie n’est en fait que l’aboutissement d’un entêtement pour le contrôle d’un marché pétrolier en pleine agitation suite au rétrécissement de la demande en relation avec une récession économique mondiale, ce qui a alimenté une situation délicate en termes de prix, qui se sont détériorés au point de revenir à des niveaux jamais égalés dans les 18 dernières années. Un coup de fouet qui a fait mal cette fois-ci aux plus grands producteurs au monde, en Amérique du Nord, en Europe et bien sûr, les deux pays déclencheurs des hostilités, anciennement collaborateurs pour la stabilisation des cours qui a donné naissance aux accords communément connus sous «Opep+».

Les difficultés, qui persistent entre les principaux pays producteurs, ont pris tellement de l’ampleur que les accusations portées entre la Russie et l’Arabie Saoudite, puisqu’il s’agit de ces deux pays, ont poussé à reporter la réunion virtuelle du lundi au 9 avril, le temps de pouvoir arriver à un niveau d’accord acceptable par rapport aux attentes du marché. Justement ce marché, qui a besoin d’un consensus entre les pays producteurs pour lui rendre une stabilité relative qui permettrait à l’ensemble de ces pays de reprendre leur souffle après une période qui a trop duré, leur a infligé des pertes énormes. 

Le consensus cette fois-ci doit associer les autres pays producteurs hors Opep+, pour démontrer du bien-fondé de l’intervention menaçante vis-à-vis des deux pays en litige, exprimée par des pays comme les Etats-Unis et le Canada, en décidant de relever les taxes sur leurs importations du brut au cas où ils n’arriveraient pas à un accord dans les plus brefs délais. Là, il est important que le premier pays producteur au monde que sont les Etats-Unis, de contribuer à la diminution des quantités proposées sur le marché, en appui aux décisions de l’Alberta au Canada et la Norvège de diminuer leur production en parallèle au retour à l’accord Opep+ tant attendu.

L’Algérie, qui a déjà appelé à une urgente réunion entre les pays producteurs, aura à jouer le rôle de la diplomatie réconciliant entre les deux pays en différends à l’origine de la recrudescence que connaît le marché mondial, en exploitant sa position de pays en bonne relation avec eux pour essayer de les rapprocher, jeudi, lors de la rencontre virtuelle, qui constitue un grand espoir pour mettre un terme à la situation de perte en relation avec les prix bas.

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