L’Algérie appelée à s’attaquer au déficit budgétaire

Afin d’éviter un éventuel recours au FMI

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Par Zahir Radji

Les deux chocs pétrolier et sanitaire (Covid-19) ont fragilisé davantage l’Algérie, déjà très affaiblie par la crise pétrolière de 2014. Les effets de ces deux chocs sont énormes sur le plan macroéconomique, au niveau de l’emploi et sur le plan social. 

 

Des réformes profondes et des mesures courageuses doivent être prises en urgence par le gouvernement afin d’éviter l’effondrement de l’économie nationale et de se trouver à nouveau entre les mains du Fonds monétaire international.

«Si l’Algérie ne prend pas des mesures à partir du deuxième trimestre de 2020, en engageant plus de réformes, moi je vous garantis que notre pays aura recours à nouveau au FMI en mars 2022, comme elle l’a fait en 1994», a alerté le docteur d’Etat en sciences économiques et spécialiste au FMI, Abdelrahmi Bessaha.

Imputant la responsabilité à l’ancienne équipe dirigeante, M. Bessaha, qui s’exprimait lors d’une e-conférence organisée par le cercle de réflexion autour de l’entreprise (Care) placée sous le thème : «Réformes économiques aujourd’hui ou FMI demain», a expliqué que «si nous avons su bien gérer la crise de 2014, où l’Algérie avait des réserves de change importantes, l’impact du Covid-19 serait moins coûteux. Durant la période de 2014 à 2019, les responsables avaient décidé de financer la crise et non l’engagement de véritables réformes». Le résultat de ces politiques est là : des déficits budgétaires colossaux, en aggravant la balance des paiements et financières et recul drastique des réserves de change. A cela s’ajoute, le déclinement de la croissance de 3,5 en 2014 à 1% en 2019. Ceci, indique l’économiste, a engendré des taux de chômage plus élevés. «La dynamique économique actuelle ne permet pas d’absorber les 250 000 nouveaux demandeurs d’emploi/an et le stock existant qui est de l’ordre de 1,3 million», a-t-il souligné.

Concernant les mesures prises déjà par le gouvernement pour atténuer l’impact du coronavirus, le spécialiste du FMI, les a qualifiées d’insuffisantes et qui ne rependent pas aux défis du pays. «Les dommages de la pandémie sont énormes. L’Algérie a besoin de plusieurs années pour se relever. Le gouvernement doit consentir plus d’efforts dans la gestion des budgets», a-t-il indiqué. D’ailleurs, la suppression de l’IRG, de la TVA et la dépréciation du dinar de 8%, engendrera un gain négatif de l’ordre de 120 milliards de DA pour le Trésor public.

L’économiste Abdelrahmi Bessaha a recommandé au gouvernement de s’attaquer au déficit budgétaire afin de stabiliser l’économie, de mettre en place un véritable programme de réformes, profiter de l’économie numérique, de bleu et vert, abandonner le modèle de la rente pétrolière qui est devenu inadéquat avec les aspirations des Algériens, engager de nouvelles politiques industrielles et éliminer le recours à la dépense publique pour le financement des projets d’investissement. Aussi, le pays est appelé à engager rapidement les réformes structurelles qui permettront de relancer la machine économique sur de nouvelles bases et de nouvelles mentalités. En fait, il sera question pour l’Algérie de s’engager dans une nouvelle voie en matière de gouvernance, de gestion et de management  économique, notamment en ce qui concerne les affaires publiques.  

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