L’Algérie aspire à devenir un hub régional

Industrie pharmaceutique

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Par Zahir Radji 

L’Algérie est déterminée à développer son industrie pharmaceutique. Un plan d’urgence a déjà été décliné à cet effet par le gouvernement. Le département du Dr Lotfi Benbahmed s’est engagé à assainir ce domaine, en levant les différentes contraintes et obstacles qui bloquaient les projets de fabricants locaux et également les firmes internationales. D’ailleurs, un Conseil des ministres est prévu à cet effet, dans les prochains jours.

 

L’objectif de cette nouvelle politique pharmaceutique est de répondre d’abord aux besoins du marché local et de s’orienter dans le court terme (à l’horizon 2025) à l’exportation de près de 5 milliards de dollars, soit l’équivalent de ce que nous importons actuellement. Notre pays est, en effet, en phase de «passer» d’un pays importateur à celui, non seulement de producteur, mais également «d’exportateur».

«Nous voulons devenir un hub régional et de hisser nos exportations à près de 5 milliards de dollars, tout en réduisant nos importations à travers la promotion de la production locale. L’Algérie a les moyens nécessaires pour le faire. Nous possédons de la ressource humaine qualifiée, de l’énergie, de zones industrielles aménagées et un réseau de production de 95 unités de production», a annoncé le Dr Lotfi Benbahmed qui s’exprimait sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III».

Le plan d’urgence adopté en faveur de cette branche d’activité, explique le Docteur Lotfi Benbahmed, va notamment permettre de lever les nombreux obstacles dont elle a fait l’objet, de longues années durant, de la part «d’oligarques», avec comme résultat, s’indigne-t-il, des blocages de production de dizaines d’entreprises.

Ce dernier a imputé également cette situation aux multiples entraves d’ordre bureaucratique et à des personnes étrangères à la production pharmaceutique, la bande «Issaba», précise-t-il, qui a bloqué l’Algérie de 2017 à 2020», ajoute-t-il, a tout tenté pour freiner cette filière.

À propos de l’Agence nationale du médicament, créée en 2012 et dotée d’un siège et d’un budget, celui-ci constate qu’elle n’a aucune existence «de fait», car, explique-t-il, elle n’a pas à ce jour, été dotée de textes réglementaires ni de moyens propres à lui permettre d’assumer ses missions de régulation. Aujourd’hui, constate le ministre, «il y a des centaines et des centaines de dossiers» qui parviennent à cette Agence pour être enregistrés, mais qui, faute de moyens, n’est pas à même de les prendre en charge. 

La relance attendue de la filière de l’industrie du médicament en Algérie, dont certains secteurs se sont trouvés bloqués, durant de nombreuses années, par des groupements d’intérêts, pourrait sur une courte période, dira-t-il, contribuer à réduire d’environ 400 millions de dollars la facture d’importation de ces produits. Le Dr Lotfi Benbahmed a annoncé, à titre d’exemple, qu’à partir du mois prochain une de ces entreprises va produire un traitement, «jusqu’ici sous monopole», pouvant être utilisé contre la Covid-19. «Les  unités nationales de production vont produire, et ce, à partir du mois prochain, des médicaments destinés pour le marché national, y compris des traitements pour la Covid-19, le diabète et le cancer», a fait savoir le ministre.  

Dans ce cadre, l’invité de la Chaïne III a annoncé l’engagement de pourparlers avec des partenaires étrangers pour la réalisation de projets importants dans notre pays. «Nous sommes déterminés à aller de l’avant et d’atteindre les objectifs tracés par le gouvernement», a-t-il soutenu, en affirmant que son département travaille à la mise en place d’un climat propice pour l’investissement.

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