L’Algérie contrainte à l’application d’une austérité majeure

Face à des prévisions économiques sombres

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Il n’y avait d’autres solutions que de revoir les orientations concernant la loi de finances complémentaire 2020, dans le sens où la situation a gravement changé, soit en relation avec l’évolution dramatique du coronavirus et ses conséquences dans le monde, ou avec ce qui se passe dans la sphère pétrolière qui connaît un changement de stratégie de la part des grands producteurs, ce qui affecte négativement les rentrées en vente des hydrocarbures.

Le report de l’examen de la loi de finances complémentaire 2020, décidé par le président de la République, était prévisible vu les développements que connaît l’économie nationale qui fait les frais d’une conjoncture mondiale très hostile, en relation avec l’évolution de la pandémie du coronavirus, d’une part et du crash du marché pétrolier, d’autre part. L’Algérie, à l’instar des autres pays du monde, voit ses marges de manœuvre se rétrécir à partir où ses revenus vont diminuer avec un double effet, le premier est en relation avec les mesures prises par le pays comme c’est le cas à travers le monde, à compresser la mobilité de ses citoyens dans le cadre du confinement décrété, chose qui a comme conséquence de réduire l’activité économique générale à un stade minimum, mais qui a mis à l’arrêt des secteurs entiers, chose qui fait que l’utilisation de la ressource humaine est en diminution, suivie par un arrêt obligé de l’utilisation du facteur capital, avec les conséquences attendues en matière de la croissance. Avec cette dernière, qui va subir de plein fouet les conséquences de ces restrictions, on s’attend pour un pays comme l’Algérie, que la performance de son économie soit des plus mauvaises depuis son indépendance, avec une tendance de sa croissance vers le niveau zéro.

Le second effet est en relation avec la perte attendue de rentrées des ventes en hydrocarbures, qui peuvent fléchir bien au dessous des 20 milliards de dollars cette année, alors que les pouvoirs publics ont fait des calculs à base de 50 dollars le baril dans l’élaboration du texte de la loi de finances 2020, et que le revenu des ventes en hydrocarbures atteindrait les 34 milliards de dollars et ce, en se référant aux déclarations faites par le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab. Cette mauvaise tournure a poussé en fait au retardement de l’annonce du contenu de la loi de finances complémentaire, avant que le Président Abdelmadjid Tebboune ne passe à un autre plan qui n’est que l’application de ce qu’on peut qualifier de mesures d’une «économie de guerre».

Ce n’est nullement facile de décider à la fois, de réduire le volume des importations de 10 milliards de dollars, d’annuler les contrats avec les bureaux d’étude étrangers et économiser 7 milliards de dollars et contraindre Sonatrach à diminuer ses investissements de 7 milliards de dollars, sans oublier la révision à la baisse de la dépense publique dans son volet budgétaire de fonctionnement de 30%, et puis de geler tous les programmes de réalisation de projets publics qui n’ont pas encore démarré. Ces restrictions drastiques sont à même de réduire l’engagement financier de l’Etat, et maintenir la roue de l’économie en marche au ralenti, le temps de mieux voir quant aux évolutions des contraintes liées à l’évolution de la situation qui prévaut sur le marché international.

Par Abdelkader Mechdal  

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