L’Algérie devant une réelle opportunité pour booster son système productif

Devant des capacités de production non encore exploitées

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Par Abdelkader Mechdal

Dans un pays comme l’Algérie, il est d’importance vitale de passer vers la substitution des importations dans le domaine alimentaire, en optant à une meilleure organisation des sphères de la production et de la distribution, pour mieux faire face aux évolutions liées à la propagation du coronavirus dans le pays et dans le monde. 

Une réplique pareille permettrait une meilleure mobilisation des ressources, au profit du système productif national, ce qui constituerait une opportunité certaine pour noircir la matrice des échanges entre différents secteurs et filières d’activité à l’échelle nationale, et partant, passer à un niveau plus important d’intégration et de la production en relation avec les ressources dont dispose le pays. C’est vrai que pour certaines matières premières et produits semi-finis ou finis, il est encore tôt pour aller à la substitution à l’importation vu que les procédés de fabrication qui doivent être développés auront besoin de temps pour trouver moyen de les maîtriser, mais pour des créneaux bien précis, comme celui de la transformation des produits agricoles et l’augmentation de l’offre nationale en produits alimentaires, qui feront défaut sur les marchés mondiaux prochainement, l’Algérie reste en-deçà de l’utilisation de ses capacités réelles, qui se sont peu développées dans un marché interne en souffrance des pratiques commerciales illégales, renchérissant les moyens de vie des consommateurs.

Cette période du coronavirus est très révélatrice en matière de ce qui devrait se faire pour mieux organiser le marché national, en ses composantes de l’offre et de la demande, puisqu’on assiste à des phénomènes de la spéculation qui s’étendent à tous les produits de première nécessité, à leur tête les produits alimentaires, créant des situations de pénurie et d’augmentation des prix, et ce, malgré l’augmentation des capacités de production pour tout ce qui est blé et dérivés, mais aussi en puisant dans les stocks de réserves pour d’autres produits qui voient leur demande exploser en ces temps de crise. Donc, la disponibilité des produits elle-même ne pose pas de problème, sinon comment expliquer le fait que des producteurs surtout des produits agricoles frais, souffrent de l’incapacité de trouver preneurs à leurs produits, tandis que les prix affichent des niveaux élevés sur le marché. La même problématique se pose pour les viandes, là où des capacités de production existantes dans des régions du Sud qui restent sans possibilité de valorisation, malgré la demande importante sur le marché dans d’autres wilayas du pays, et la faute est la réglementation qui, au nom de la protection du cheptel du Nord des maladies importées des pays du Sahel, interdit l’introduction des bêtes hors de l’extrême sud, ce qui maintient un manque d’approvisionnement et pousse à l’importation des viandes congelées, pour le combler avec tout ce que cela  constitue comme gaspillage de ressources rares en devises.

Alors, dans une conjoncture de crise si difficile que le monde entier est en train de traverser, l’Algérie doit passer à une mobilisation accrue de ses moyens non encore exploités, et ce, pour minimiser les retombées de la crispation enregistrée dans les échanges mondiaux, ce qui mène les institutions internationales dont le FMI et la FAO à tirer la sonnette d’alarme quant au manque d’approvisionnement sur les marchés en relation non avec une diminution de la demande mais à cause de la perturbation que connaissent les moyens de transport à travers le monde.

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