L’Algérie doit engager des réformes sur au moins un quinquennat

Création de 1.6 million d’entreprises manquant à l’économie

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Par Abdelkader Mechdal  

Si les pouvoirs publics sont en mesure de mettre en application une nouvelle réglementation plus efficace en matière de facilitation de la création d’entreprises, il reste que le rythme de création leur échappe au moins dans le court terme.

      

Ce qui est sûr est que l’économie nationale est en besoin de s’aligner sur les normes internationales en relation avec le nombre d’entreprises moyennes et petites à créer en le rapportant au nombre de la population, puisque le déficit en la matière est énorme. Selon les chiffres officiels, il faut multiplier le nombre de PME calculé actuellement en Algérie par 2.4 pour atteindre les 60 entreprises par 1 000 habitants comme c’est le cas à travers les pays ayant une bonne dynamique entrepreneuriale, ce qui fait que l’effort à engager par les autorités publiques n’est pas des moindres. D’ailleurs, même les chiffres avancés officiellement sont différents, allant de 1 million d’entreprises et quelque 1.2 million, ce qui fait que pour atteindre la norme mondiale, il faudra créer pas moins de 1.6 million de nouvelles entreprises.

Le problème qui se pose est en liaison avec le climat général des affaires, d’une part, et la conjoncture difficile que connaît le pays, caractérisée par une récession assez lourde à contenir dans le court terme de l’autre part, ce qui fait que l’enregistrement de la mortalité des entreprises reflète plus la réalité que la création, surtout que les grandes difficultés rencontrées par les opérateurs économiques font que tout passage vers la réalisation des projets signifierait de confronter un niveau de risque élevé. Et puis, il y a cette autre réalité qui renseigne que la majorité, disons la quasi-totalité des PME en Algérie sont de très petites entités ne dépassant pas 10 salariés, ce qui donne cette caractéristique vulnérable au tissu national des entreprises, et leur marge réduite de pouvoir faire face aux aléas du marché.  

A partir d’une telle constatation, il devient irraisonnable de vouloir créer le chiffre manquant d’entreprises en une seule année, ce qui veut dire que les pouvoirs publics doivent travailler sur le moyen et long terme, là où il devient possible d’atteindre l’objectif assigné, en se référant à un plan réalisable qui va tracer une feuille de route quant au comportement attendu de la politique économique de l’Etat. Cette dernière demande à ce que plusieurs éléments soient pris en charge. Il s’agit de la levée des contraintes, qui rentrent dans le champ d’intervention de l’Etat, surtout pour ce qui est de la normalisation des conditions de création des projets, et de mettre en œuvre une politique d’accompagnement en faveur des entreprises en exercice, en allégeant les entraves bureaucratiques, ce qui aiderait à l’augmentation de leur volume. 

Le passage de l’entreprise d’un volume petit à celui moyen et de là au niveau des grandes entités, est lié à l’encadrement de l’environnement de ces dernières de sorte à protéger la concurrence, comme condition de rétablissement d’un niveau de confiance vis-à-vis de la tenue de la réglementation. C’est à partir de ce genre de développement que la situation va se stabiliser pour permettre l’évolution voulue du nombre des entreprises à atteindre. Pour arriver à cette dynamique, dans un pays souffrant de lourdeurs multiformes, il est demandé d’engager un travail de réforme sur au moins un quinquennat, pour pouvoir aligner le monde des entreprises avec les normes internationales.     

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