L’Algérie en besoin de revoir sa législation en matière d’investissement

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Partenariat avec l’Union européenne

La même constatation qui se répète à chaque fois que le sujet de la coopération entre l’Algérie et l’Union Européenne est abordé, en pointant du doigt le fait que l’accord qui lie les deux parties a privilégié le commerce au détriment de l’investissement, ce qui a servi les intérêts de la partie européenne essentiellement. Une situation qui doit prendre une autre trajectoire, avec l’insistance sur le besoin de voir plus de flux d’investissement passant de l’Europe vers l’Algérie, chose qui aura besoin d’un travail de fond pour convaincre les opérateurs européens à s’installer en Algérie.


Les intérêts de l’Union européenne avec le monde arabe sont abordés à cette occasion de la rencontre entre les deux parties, abritée par Athènes, dans un sens de trouver de nouvelles opportunités de coopération et d’échange, en une conjoncture caractérisée par une mauvaise performance économique mondiale, qui fait que la révision de ses chiffres réalisés tend à marquer une situation de diminution continue du taux de croissance, ce qui mène à chercher après une extension des affaires commerciales et d’investissement avec un monde arabe ayant des moyens d’absorption énormes pour les produits européens. C’est en fait l’image standard que représente la coopération entre un monde diversifié économiquement et industrialisé, devant une partie arabe qui ne fait que consommer les outputs de ces derniers, en constituant un simple marché pour les affaires commerciales.

C’est le même ordre d’idées qui se pose quand il est question de l’application de l’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne, puisque le pays se plaint du fait que l’accord depuis sa rentrée en vigueur le 1er septembre 2005 n’a eu aucun effet sur l’investissement direct européen en Algérie qui n’a aucunement suivi la dynamique du commerce qui s’est développée avec le temps consacrant la domination du marché algérien par les produits européens, avec un taux d’acquisition des parts de marché d’un niveau avoisinant les 60%, laissant au reste du monde les 40% restants. Cette situation n’a pas été suivie certes par des transferts en termes investissement et réalisation de projets en Algérie par la partie européenne, mais cela ne peut pas cacher la responsabilité de la partie algérienne dans cet état de fait.

Il y a lieu premièrement d’aborder le programme de développement de la performance des entreprises algériennes qui ont bénéficié d’un programme d’appui qui devait leur permettre d’améliorer leurs procédés de production et de là d’attirer des partenaires européens pour la réalisation de nouvelles affaires en commun dont l’établissement de nouvelles capacités productives sur le territoire algérien. Les faits ont prouvé que l’adhésion de la partie algérienne était minime du fait de la faiblesse affichée de la capacité d’absorption des programmes européens destinés aux entreprises algériennes. Il a été constaté, qu’il était difficile de trouver des entreprises en nombre permettant l’utilisation de l’enveloppe consacrée au programme.

L’autre difficulté est en relation avec le climat des affaires, là où les entreprises européennes sont dotées de cette facilité à comparer entre les pays en matière de facilitation de réaliser des projets d’investissement, ce qui fait que la lourdeur des procédures chez la partie algérienne joue la dissuasion envers tout transfert de capitaux vers l’Algérie dans le cadre de l’investissement direct. Pour la partie algérienne, ce qui a été relevé par le ministre du Commerce dans son allocution au nom de l’Algérie dans le cadre des travaux Union européenne-monde arabe, démontre de ce changement de stratégie qui consiste à jouer sur la dynamique des jeunes algériens détenteurs des startups dans la reformulation des relations d’affaires avec la partie européenne, en s’attendant à arriver à de meilleurs résultats en matière d’échange. Mais, reste que l’encadrement défaillant du domaine de l’investissement est l’obstacle principal devant son développement, ce qui pousse à croire que les nouvelles autorités du pays qui seront issues du prochain scrutin, auront obligatoirement à se pencher sur ce dossier si important pour la relance de l’économie algérienne.

Abdelkader Mechdal – Economiste

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