L’Algérie face à un marché mondial hostile

Dépendance aux hydrocarbures et prix du brut

0 72

De plus en plus, on se rend compte que la seule ressource pour la constitution des réserves de change en Algérie, qui est la vente du pétrole, est un domaine hors portée, tant qu’il tire sa valorisation de l’étranger, chose qui fait que le pays mono-exportateur de ce produit n’a aucune possibilité de maitrise de ses rentrées en devises, ce qui démontre de la situation insoutenable dans laquelle il vit.

Ce qui se passe actuellement sur le marché pétrolier, montre cette situation sombre dans laquelle évolue la détermination des prix, qui ont pris cette tendance de suivre une stratégie américaine sans précédent, qui veut garder une main basse sur et la production et les prix. Le jeu est bien conçu, puisqu’à l’intérieur, les américains ont ouvert les portes à l’exploitation des ressources de schiste, et encourager l’augmentation de la production nationale d’une façon continue, ce qui a permis d’écarter le premier producteur mondial qui n’est que l’Arabie Saoudite de sa place, et ancrer ainsi cette nouvelle situation ou la première force économique mondiale, qui était une importatrice net des produits bruts, devient exportatrice de ces produits.

Pour ce qui est de l’extérieur, les américains ont eu une attitude peu commode avec les règles des relations économiques internationales, en imposant aux plus importants pays de l’Opep, de contribuer à l’apaisement du marché pendant les temps de crise, et ce malgré l’adhésion de ces pays à l’accord concernant la diminution des quotas, officiellement établie avec les autres pays producteurs hors Opep. 

Alors, le résultat d’une telle présence en force, n’est que l’enregistrement d’une maitrise du cours de pétrole, comme c’est le cas ce week end, là ou l’évolution des prix a connu une diminution de l’ordre de 5% considérée comme étrange, du fait que la crise avec l’Iran est arrivée au point de menacer toute la région du Golf, la plus importante en matière d’approvisionnement des marchés mondiaux.

En revenant au cas de l’Algérie, il est très clair que pour un prix relativement élevé, avoisinant les 67 dollars le baril pour son pétrole (le Sahara Blend), le pays reste très loin de pouvoir couvrir ses dépenses publiques, qui auront quant à elles, besoin d’un prix de baril de l’ordre de 100 dollars, pour assurer l’équilibre budgétaire de l’Etat. Donc, la seule perspective possible pour l’économie nationale est l’enregistrement d’un déficit budgétaire l’année en cours 2020, chose inévitable puisque le retournement de la situation en faveur de meilleures rentrées en devises hors hydrocarbures, ne pourra avoir lieu qu’à long terme, et à condition d’entamer sans attendre des réformes qui doivent aller au sens d’améliorer le climat des affaires et l’encouragement de l’investissement. Un travail qui demande un engagement indéfectible de la part des autorités publiques, et la contribution de la communauté d’affaire ainsi que tous les acteurs activant dans le pays.

Par Abdelkader Mechdal

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.