L’Algérie prépare la riposte

Menacée par une récession économique

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Par Arezki Louni

La situation économique en Algérie est des plus préoccupantes en Afrique. Selon les prévisions de la Banque africaine de développement (BAD), l’économie algérienne fait partie des quatre plus grandes économies du continent qui devraient être touchées par la récession. 

 

En effet, précise la même source, la récession devrait toucher quatre des cinq plus grandes économies d’Afrique en 2020. Il s’agit, notamment de l’Afrique du Sud (-6,3% à -7,5%), le Nigeria (-4,4% à 7,2%), l’Algérie (-4,4% à -5,4%) et le Maroc (-3,3 % à -4,6 %). Ce n’est pas le cas de l’Egypte, qui, en raison de son économie diversifiée, devrait conserver une croissance positive (+2,2% à +0,8%). Quatre autre pays ne seront pas touchés par la récession, à savoir l’Éthiopie (+3,6% à +2,6%), le Kenya (+1,4% à +0,6%), la Côte d’Ivoire (+3% à +1,5%) et le Sénégal (+2,8% à +0,1%). Selon les scénarios «de base» ou «pessimiste » de la BAD, suivant la durée et l’ampleur de la récession économique, «entre 28,2 et 49,2 millions d’Africains pourraient basculer dans l’extrême pauvreté» cette année et l’année prochaine. L’institution africaine de développement, basée à Abidjan estime que le continent le moins touché par la pandémie du Covid-19 sera touché de plein fouet par la crise économique mondiale entraînée par l’épidémie. Il convient de rappeler que l’Algérie, dont l’économie se base dans sa majorité sur la rente des hydrocarbures, doit mettre en place un nouveau système économique susceptible de contrebalancer l’économie rentière. C’est dans ce sens, que s’est tenue, mardi dernier, sous la présidence du chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, une séance de travail consacrée à l’examen du projet de Plan national de relance socio-économique. Cette réunion, qui a regroupé le Premier ministre, les ministres des Finances, de l’Energie, de l’Industrie et des Mines, du Commerce, de l’Agriculture, ainsi que du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Prospective, a été consacrée à l’examen du projet de Plan national de relance socio-économique, à soumettre aux prochaines réunions du Conseil des ministres. Lors des débats, le Président Tebboune a donné des instructions détaillées à chacun des ministres concernés, à l’effet d’opérer des réformes structurelles dans la cadre de la politique générale du gouvernement, à même d’assurer une exploitation optimale et transparente de toutes les potentialités et richesses naturelles nationales, à commencer par les mines dont regorge l’Algérie. A cet effet, le président de la République a ordonné l’entame de l’exploitation de la mine de fer de Ghar-Djebilet dans la wilaya de Tindouf et du gisement de Zinc de Oued Amizour dans la wilaya de Béjaïa. Par ailleurs, le Président Tebboune a affirmé que la mouture finale du Plan de relance socioéconomique sera présentée à tous les opérateurs économiques algériens, une fois approuvée en Conseil des ministres, en tant que feuille de route ayant des délais de mise en œuvre, pour faire l’objet d’évaluation à l’expiration de ces délais, précisant que ce Plan national doit préserver le caractère social de l’Etat et le pouvoir d’achat du citoyen, notamment la classe défavorisée. Pour le chef de l’Etat, l’édification d’une véritable nouvelle économie passe par le changement des mentalités et la libération des initiatives de toute entrave bureaucratique et la révision des textes juridiques en vigueur…

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