«L’Algérie veut devenir un pôle africain de l’innovation»

Yacine Oualid, ministre délégué chargé des Startups

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Le ministre délégué chargé des Startups, Yacine Oualid, a souligné que l’Algérie, qui vient de créer un département ministériel aux Startups, souhaite en devenir un acteur de référence dans la nouvelle économie mondiale. 

 

Il a expliqué que le rôle de son département est tout d’abord de mettre en place un cadre juridique qui soit favorable aux startups. Une fois mis en place, ce cadre juridique permettra, précise-t-il, de faciliter la création de startups et leur financement. Le jeune ministre a indiqué que «notre but est de voir naître en quelques mois, des champions algériens capables de proposer leurs services partout dans le monde. Yacine Oualid, qui a accordé un entretien à l’Agence «Ecofin», a affiché les ambitions de l’Algérie, à savoir devenir un pôle africain de l’innovation, «nous voulons offrir à nos entrepreneurs, le meilleur cadre pour entreprendre et innover».

Par ailleurs, précise-t-il, «ma mission étant transversale et touchant à beaucoup d’autres ministères, j’ai aussi comme rôle de faire en sorte que toutes les autres institutions adhèrent à cette nouvelle vision, d’une économie dont le fer de lance sera l’innovation et les startups».

Questionné sur les raisons qui freinent le développement des startups algériennes, le ministre délégué a énuméré notamment le cadre juridique et le manque du financement. 

«Le cadre juridique fait que beaucoup d’Algériens partent créer leurs startups dans d’autres pays où il est plus facile de trouver un financement et de faire des levées de fonds. Certaines d’ailleurs sont de véritables succès stories. L’absence de réels fonds de capital risque, qui s’explique notamment par la difficulté de créer de telles structures en Algérie, et l’absence de mesures incitatives envers les investisseurs, fait que les startups n’ont que très peu d’options pour trouver un financement», a-t-il expliqué.

Selon les dires du ministre délégué, les quelques programmes de soutien aux PME, comme l’Ansej, dont le modèle peut être discutable, «ne sont pas du tout adaptés aux startups. Le financement des startups représente pour nous un grand chantier».  

S’agissant des actions à entreprendre dans l’immédiat pour dynamiser l’industrie «Start-up locale», M. Oualid a souligné qu’une des premières étapes va consister à identifier les startups à l’aide d’un label. Ce label permettra d’accéder à un certain nombre de facilités, des avantages fiscaux et parafiscaux, des comptes bancaires en devises et des facilités pour exporter les services, les entreprises labélisées pourront aussi bénéficier de la prise en charge par l’Etat de l’enregistrement des brevets que ce soit au niveau national ou international.

Et d’ajouter : «Nous sommes aussi en train d’élaborer une nouvelle forme juridique pour les entreprises, plus adaptée aux startups, elle permettra de réaliser des levées de fonds et de réaliser une entrée en Bourse plus simplement. Nous allons également élaborer un cadre juridique pour le crowdfunding. Enfin, nous traitons avec d’autres ministères certains problèmes qui pénalisent les startups en Algérie, comme l’accès au paiement en ligne, la qualité de la connexion à internet, les difficultés à obtenir certaines autorisations et homologation, et l’absence de Datacenter aux standards internationaux».

Par Zahir Radji

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