L’Algérie veut en finir avec l’importation «anarchique»

Un cahier de charges en cours d’élaboration

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Par Zahir Radji 

La réduction de la facture d’importation est l’une des priorités du gouvernement. Une nouvelle organisation et régulation de l’activité de l’importation s’avère plus que nécessaire. D’ailleurs, un groupe de travail d’experts et cadres du ministère du Commerce avec l’appui d’autres institutions, s’attelle actuellement à l’élaboration d’un cahier de charges encadrant l’activité.

 

Ce nouvel instrument juridique permettra de réparer le dysfonctionnement et dépassement enregistrés dans les différentes opérations d’importations, a fait savoir  le ministre délégué du Commerce extérieur,  Aïssa Bekkaï.

L’objectif des pouvoirs publics, ajoute-t-il, est d’en finir avec l’anarchie qui prédomine  notre commerce extérieur, en engendrant des déficits dans la balance commerciale de notre pays.

«Afin de faire face à cette situation et réparer ces dysfonctionnements, le groupe du travail  va se pencher sur deux inconnues de cette équation, que sont les importateurs et les exportateurs, à l’origine de beaucoup de perturbations, d’où l’idée d’introduire, à leur niveau, la spécialisation en élaborant à leur intention un cahier des charges pour définir leurs obligations et leurs devoirs respectifs», a souligné le ministre délégué qui s’exprimait sur les ondes de la Radio nationale «Chaîne III».

M.Bekkaï s’est étonné, par exemple, que le registre de commerce attribué à ces derniers comprenne une «panoplie d’activités», leur accordant une large permissivité dans l’acte d’importer. «Aujourd’hui, le Monsieur importe des légumes secs, le lendemain, des pneus et, plus tard, de la quincaillerie. On doit réguler cette activité, en demandant à l’importateur de se spécialiser dans des activités homogènes», a-t-il détaillé. Le ministre a, en outre, rassuré que «ce nouveau cadre organisationnel est un acte de régulation et n’a rien à voir avec la limitation».

Outre le cahier des charges, il y a d’autres points qui seront fixés également pour une meilleure organisation du commerce. Il s’agit, en effet, du respect de la transparence, de la concurrence et de la qualité. Cela, précise-t-il, va nous permettre d’avoir une banque de données sur nos importations.

S’agissant de la stratégie de son département pour la lutte contre la surfacturation, M. Bekkaï  a annoncé la promulgation incessamment d’un nouveau cadre législatif, dont les moyens d’investigation et de la criminalisation de cet acte seront renforcés. «On va accentuer notre travail sur les moyens d’investigation et l’aggravation des sanctions pour lutter contre cette pratique», a-t-il affirmé.

Refusant de chiffrer le montant concerné par la surfacturation, le ministre délégué a fait savoir que les services de Douanes ont proposé la révision des défaillances de nos textes législatifs et réglementaires.

Par ailleurs, le même responsable a indiqué que son département agit sur plusieurs plans afin de réduire les importations. La première mesure c’est, précise-t-il, la soumission de plusieurs produits aux mesures de sauvegarde (DAPS), dont les taxes varient entre 30 à 200%.

Quant à la deuxième mesure, il s’agit de lutter contre le gaspillage. Des études sont en cours pour connaître avec précision ce que nous consommons. Dans ce cadre, il a cité l’exemple de blé tendre. «Sur les 17 000 boulangers inscrits, il n’y a pas que 7 000 qui sont activité, soit l’équivalent de besoin en farine 2,8 millions de tonnes de blé tendre et nous, nous importons plus de 5 millions de tonnes chaque année!», a-t-il dévoilé.

Concernant la diversification de nos exportations, le ministre a annoncé que de nouvelles mesures seront bientôt introduites, visant la facilitation de l’acte d’exportation. 

« Nous allons revoir le financement de l’exportation, en tentant d’équilibrer la donne entre l’importateur et l’exportateur, les aspects de la qualité et également consentir plus d’efforts en matière de la logistique et soutien aux exportateurs», a-t-il annoncé.

Enfin, le ministre a précisé que l’engagement d’une évaluation sur les accords d’association conclus par l’Algérie avec l’Union européenne, les pays arabes et celui préférentiel avec la Tunisie, vise à les harmoniser avec nos intérêts et notre économie. Il a constaté, à ce propos, que la baisse des droits de douane de la part de l’Algérie a eu des répercussions négatives sur son budget et sa balance commerciale.

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