L’assemblage automobile, c’est terminé !

Economie

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Après des mois d’hésitation, le gouvernement a pris une décision radicale : l’industrie du montage automobile, dans sa version actuelle, est désormais finie. 

 

C’est le Président Abdelmadjid Tebboune, lui-même, qui en a fait l’annonce dans une interview accordée mercredi dernier au journal français Le Figaro.

«L’usine Renault qui est ici n’a rien à voir avec celle qui est installée au Maroc», a-t-il indiqué. «Comment créer des emplois alors qu’il n’y a aucune intégration, aucune sous-traitance?», a-t-il asséné avant d’annoncer la fin des importations des kits destinés aux usines de montage de véhicules.

Selon Tebboune, la fin du montage automobile en Algérie a sonné. «Nous allons par exemple arrêter l’importation de kits automobiles», poursuit-il.

«(…) L’Algérie est vue par ses partenaires comme un grand marché de consommation. Nos maux viennent de l’importation débridée, génératrice de surfacturation, une des sources de la corruption favorisée par de nombreux pays européens où se faisaient la bancarisation, la surfacturation, les investissements de l’argent transféré illicitement. Cela a tué la production nationale», a-t-il expliqué.

Cette sortie fait suite aux multiples déclarations faites par Ferhat Aït-Ali. Le ministre de l’Industrie a annoncé récemment une prochaine révision du cahier des charges lié à l’activité du montage automobile. Tout en qualifiant cette industrie d’escroquerie, il a promis de remédier au problème. «Cette escroquerie ne dépend pas du ministère de l’Industrie. Certes, officiellement l’activité est industrielle mais si le dossier n’a aucune relation avec l’industrie sur le terrain et que c’est une escroquerie au nom de l’industrie, dans ce cas-là, les travailleurs [employés des usines de montage] sont des victimes. Néanmoins, nous allons leur trouver une solution, en les employant dans des usines plus sérieuses», avait-il indiqué. Il a, à l’occasion, révélé les contours de ce que sera le nouveau cahier des charges. Selon lui, le nouveau cahier des charges, qui sera prêt dans deux mois, n’obligera pas «l’investisseur à s’associer à un partenaire national, mais lui imposera d’apporter le financement et le savoir-faire». Les pouvoirs publics travailleront également afin de permettre aux opérateurs de l’industrie automobile existant en Algérie de «s’intégrer dans les clauses du nouveau cahier des charges».

Cela dit, les autorités ne vont pas forcément ordonner la fermeture des usines de montage en cours. Le ministre de l’Industrie a juste affirmé, récemment, que les industriels peuvent continuer à faire du montage mais ils ne bénéficieront d’aucun avantage fiscal. Ce qui les poussera certainement à être incapables, pour la majorité d’entre eux, d’être compétitifs face aux véhicules importés.

Face à cette déroute des assembleurs de voitures, les autorités s’acheminent vers le rétablissement des concessionnaires automobiles. Tout porte à croire que d’anciens concessionnaires, écartés sous Bouteflika, vont reprendre du service. Il s’agit notamment de Abderrahmane Achaibou, qui gérait la marque KIA motors et de Cévital, qui avait la charge de Hyundai avant que les deux marques ne soient données par Abdesselam Bouchouareb à Hassan Arbaoui et Mahieddine Tahkout. Les deux hommes d’affaires sont actuellement en prison.

Par Essaïd Wakli

 

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