Le chef de l’Etat met les points sur les « i »

Révision de la Constitution, Liberté de la presse, politique internationale

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La révision de la Constitution qui sera soumise à référendum le 1er novembre prochain, la liberté de la presse, et la nouvelle loi électorale ont été au centre du volet politique de l’intervention du chef de l’Etat, devant   les journalistes d’El Khabar et du Soir d’Algérie. « Si le peuple veut le changement, il est temps de l’opérer’’, affirme d’emblée le chef de l’Etat, en réponse à une question sur la prochaine révision constitutionnelle. M. Tebboune souligne que la nouvelle Constitution « accorde des prérogatives à l’élu choisi par le peuple »…et que « l’Etat algérien sera, après le référendum sur la révision constitutionnelle davantage moralisé et véritablement au service du citoyen et non pas au service d’un groupe de personnes qui exerce sur lui une autorité paternaliste ». Assurant que le peuple décidera seul de son destin, le président a fait part  de son « souhait » de voir les citoyens « plébisciter le projet de révision constitutionnelle, pour qu’on puisse passer directement à la révision de la loi portant régime électoral, laquelle sera soumise au parlement pour donner naissance, si possible, à de nouvelles institutions élues avant la fin de l’année ».  Le chef de l’Etat n’a pas également manqué d’évoquer le rôle dévolu aux jeunes dans le cadre de la nouvelle Constitution qui prévoit d’associer cette catégorie en sus de la société civile, devenue « pour la première fois constitutionnalisée et véritable partenaire dans la gestion de ses affaires ». Il s’agit également de mener une lutte implacable contre l’argent sale qui a gangréné l’Etat « de la base jusqu’au sommet ». Il a même comparé ce phénomène à un « cancer » qui tend à se « métastaser ». La liberté de la presse n’a pas été en reste dans l’intervention du chef de l’Etat. Le Chef de l’Etat a, enfin, évoqué la liberté de la presse en Algérie, soulignant que cette dernière était garantie et qu’aucune restriction ne lui était imposée. Il a cependant précisé que la liberté d’expression avait des « limites » et qu’il existait des lois applicables à tout un chacun. Interrogé au sujet de Khaled Drareni, condamné récemment à deux ans de prison, M. Tebboune a expliqué qu’on « ne pouvait trancher de l’inexistence de la liberté d’expression dans un pays en raison d’une personne impliquée dans une affaire n’ayant aucune relation avec la presse ». Il a révélé, dans ce sens, qu’il n’existe aucun document prouvant la relation de Drareni avec la chaine de télévision avec laquelle il prétend travailler.  Et de poursuivre : « j’avais déjà évoqué le sujet de la liberté d’expression en Algérie et je me suis interrogé s’il existait un pays, de par le monde, à l’image de l’Algérie qui compte 180 quotidiens et près de 8.500 journalistes, outre le soutien de l’Etat au papier d’impression et la publicité dont bénéficient ces journaux pour se retrouver, à la fin, avec des articles truffés d’injures et d’atteintes à la sécurité publique ».  Ces journaux, en dépit de tout ça, n’ont jamais été inquiétés ou sanctionnés commercialement, a ajouté le président de la République. La liberté d’expression est consacrée « mais s’il existe une restriction, elle est imposée aux injures », a-t-il souligné, indiquant que la loi est applicable à tous dans le but de mettre un terme à l’anarchie. Et d’ajouter que « cette loi est la même qui s’applique en Europe ». Plus précis, le président Tebboune indique qu’ « aucune personne n’est incarcérée en Algérie pour un article qu’elle a rédigé ». Enchainant sur les rapports d’ONG internationales concernant la restriction de la Liberté de la presse en Algérie,   M Tebboune a affirmé que ces rapports « n’impactent pas notre politique » car, ajoute-t-il, le changement « ne plait pas à ces organisations qui ne veulent pas de démocratie pour le peuple algérien et le considère comme un peuple de seconde zone ». 

ONG : attitude à géométrie variable

En somme, il s’agit d’une attitude à « géométrie variable » adoptée par certaines ONG, dont Reporters sans frontières. L’Algérie est « ciblée » par des parties qui tentent de saper sa stabilité, a-t-il poursuivi, faisant savoir que « les Etats ne nous attaquent pas frontalement mais chargent des organisations non gouvernementales de cette mission ». Cependant, et contre toute attente, le chef de l’Etat considère que certains rapports sont pris au sérieux par les autorités algériennes, à l’image de ceux d’Amnesty international que le chef de l’Etat dit « respecter ». Et de conclure, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) compte, elle aussi, des journalistes « respectables » mais c’est inadmissible de nommer un fils de colon qui tente à chaque fois de donner des leçons aux algériens, d’où l’importance d’enquêter sur les fondateurs de ces organisations ainsi que sur les modalités de leur financement. Au chapitre mémoriel, le président de la République tout en réaffirmant que l’Algérie ne renoncera point à la récupération des restes mortuaires des résistants à l’occupation française, estime que la récupération des cranes de 24 résistants est un premier pas vers la normalisation des relations algero-françaises. Soulignant que la question palestinienne « est la cause centrale du Proche-Orient », le Président Tebboune a déclaré: « je ne pense pas qu’il y’aura une solution dans cette région sans la résolution de cette question qui doit être par la proclamation d’un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec El Qods pour capitale ». Le Président de la République a indiqué que le discours qu’il prononcera à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue mardi prochain, portera sur la défense de la question palestinienne qui ne sera pas abandonnée par l’Algérie « quelles que soient les circonstances ». Pour ce qui est de la Libye, le Président Tebboune a renouvelé la position de l’Algérie en faveur d’une solution durable, émanant de la légitimité populaire électorale sous l’égide des Nations Unies, soulignant que « cette question nous concerne aussi et nous sommes un pays voisin qui partage avec la Libye de longues frontières. Nous imposerons notre avis et il n’y aura aucune solution sans notre participation ».

Synthèse A.L

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