«Le CNI est un frein à l’investissement»

Mohamed Sami Agli, président du FCE

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Le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), Mohamed Sami Agli, a plaidé, hier à Alger, à l’élaboration d’une loi de finances complémentaire (LFC 2020) afin de procéder à la révision de certaines lois et dispositions qui bloquent le décollage économique de notre pays.

 

Rappelant que son Organisation patronale est une force de proposition, M. Agli a fait savoir dans ce cadre que le Forum a soumis au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, une étude afin de booster l’investissement en Algérie. 

Cette vision globale, dira-t-il, a été élaborée par des experts et chefs d’entreprise qui connaissent très bien le terrain. Placée sous le thème : «Pour un dispositif d’investissement au service de la croissance et du développement», cette contribution du FCE sera rendu publique incessamment, a affirmé M. Agli qui s’exprimait à la 5e édition «Débats du Forum». Il a, en outre, expliqué que le FCE milite pour la liberté d’entreprendre et d’investissement. D’ailleurs, M. Agli a estimé que le Conseil national de l’investissement (CNI) est une contrainte pour l’investisseur et non pas un accompagnateur.

«Nous au FCE, nous sommes des partisans pour  la suppression d’agréments et d’autorisation pour investir. Le CNI actuellement est un frein pour l’investissement. Il est devenu un club ! Il n’y a pas d’égalité dans le traitement des dossiers des opérateurs économiques», a-t-il dit dans son réquisitoire. Le président du FCE, qui prône un discours franc et direct, a indiqué que le CNI n’est pas transparent dans le traitement des dossiers.

Il (le CNI) est devenu la source de la corruption ! M. Agli a appelé à la révision de cette structure importante qui est censée être un accompagnateur pour les opérateurs économiques dans la concrétisation de leurs projets. Ainsi, le gouvernement est appelé à la refonte du système bancaire et également à l’élaboration des textes d’application suite à la supression de l’article 51/49 régissant les investissements étrangers en Algérie, tout en définissant les secteurs stratégiques concernés par cette règle qui n’a pas donné des résultats probants depuis son instauration en 2009. M. Agli a plaidé également pour le rétablissement de l’impôt forfaitaire unique (IFU) dans la LFC 2020.  Ce système fiscal est, estime-t-il, le plus approprié pour les petites entreprises et également les startups. 

Évoquant le plan d’action du gouvernement, le président du FCE l’a qualifié de bon et que beaucoup de choses se font dans la question économique. Toutefois, ce plan nécessite une concertation et du temps pour sa concrétisation. Dans ce cadre, le vice-président du Forum, Salah Eddine Abdessemed, a émis des réserves sur ce plan, en affirmant qu’il souffre de manque d’indicateurs chiffrés. Il a appelé à la nécessité de réaliser un recensement général pour l’économie nationale. Pour sa part, le professeur Mohamed-Cherif Bernmihoub présent à ce rendez-vous économique a estimé que la révision de la LF 2020 serait une occasion pour l’introduction de nouvelles lois pour booster l’investissement et non pas pour faire passer des choses qui n’ont rien à voir avec l’économie. Par ailleurs, les intervenants au «Débat du Forum» ont appelé à un cadre  juridique stable et encourageant. En effet, Mohamed-Cherif Bernmihoub  a affirmé que l’Algérie a besoin de politiques et une stratégie globale à long terme pour l’économie nationale afin de développer l’investissement et capter également des IDE, tout en procédant à une évaluation périodique à ces dispositions afin de les corriger et de les ajuster.

«La loi sur l’investissement doit s’inspirer de la stratégie économique du président de la République. Nous avons besoin d’un cadre juridique stable et encourageant, qui protège à la fois l’investisseur et l’administration économique chargée d’appliquer cette loi», a suggéré Salah-Eddine Abdessemed.

Par Zahir Radji

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