Le Conseil de sécurité confirme son impuissance

Agression marocaine à El-Guerguerat

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Par Arezki Louni

Depuis l’attaque de l’armée marocaine dans la région de Guerguerat, la situation demeure tendue et la communauté internationale observe une attitude passive pour ne pas dire irresponsable. En violation de la légalité internationale, le faux pas du Makhzen ne semble pas préoccuper le Conseil de sécurité qui, décidemment intervient «à la carte» dans des conflits où des membres permanents, à savoir la France et les Etats-Unis tirent profit. 

 

C’est ce qu’a notamment indiqué dans une interview à un confrère, l’ancien diplomate algérien, Abdelaziz Rahabi. Ce dernier s’est interrogé, en effet, sur la responsabilité du Conseil de sécurité dans l’évolution de la situation dans la région après l’agression militaire marocaine contre des civils sahraouis à El-Guerguerat, soulignant que le Conseil «est pris en otage». Il a noté, par ailleurs que «les Sahraouis ont le sentiment d’avoir été floués par les promesses non tenues du Conseil de sécurité depuis 1991 et ont toutes les raisons de ne pas lui accorder davantage de crédit». Il a ajouté que cette escalade était «prévisible en raison de la paralysie du processus politique, de promesses non tenues et d’un statu quo dont la première victime est le peuple sahraoui réduit à un exil forcé depuis 45 ans». Pour ce qui est des textes violés par Rabat, Rahabi citera «les dispositions majeures de l’Accord de cessez-le-feu de 1991 qui n’a connu aucun début de réalisation, et la Minurso est réduite aujourd’hui à un rôle de police des routes». Concernant le rôle que pourra jouer la Minurso dans la situation actuelle, M. Rahabi a reconnu que son mandat originel était de «veiller au respect du cessez-le-feu de septembre 1991 et de recenser les populations sahraouis dans la perspective d’un referendum», affirmant qu’en raison de multiples violations des droits de l’Homme au Sahara Occidental, des appels ont été lancés pour l’élargissement de son mandat aux questions des droits de l’Homme. Sur un autre chapitre, il y a lieu de noter qu’une véritable panique s’est emparée du palais royal. A ce titre, le gouvernement sahraoui a indiqué que le communiqué du Maroc suite à l’appel lancé par son roi au SG de l’ONU pour intervenir rapidement et instaurer un cessez-le-feu, traduit «la confusion dans laquelle se trouve l’Etat d’occupation suite aux frappes incessantes des combattants de l’Armée de libération du peuple sahraoui (ALPS)». Le gouvernement sahraoui qualifie les attaques menées par l’occupation marocaine à El-Guerguerat d’«acte d’agression prémédité qui vise à saper les efforts du secrétaire général de l’ONU, qui tendaient à apaiser la tension dans la région». «Le gouvernement de la République sahraouie condamne avec force le communiqué rendu public par le royaume du Maroc, suite à un appel téléphonique qu’a eu, lundi, le SG de l’ONU, Antonio Guterres avec le roi du Maroc, où il a été fait usage d’un langage belliqueux et d’une menace creuse, qui témoignent de la confusion dans laquelle se trouve l’Etat d’occupation, suite aux frappes incessantes des combattants de l’ALPS provoquées par son attaque militaire, vendredi à l’aube, contre des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement dans la région d’El-Guerguerat, en territoire libéré de la République arabe sahraouie démocratique», a rapporté l’Agence de presse sahraouie (SPS) citant le communiqué gouvernemental.  Le communiqué du gouvernement sahraoui a aussi précisé que les velléités de l’occupation de faire croire à son opinion publique et à l’opinion publique internationale que «l’échec de toutes les bons offices du secrétaire général» était la raison pour laquelle elle a mené son attaque militaire sur les civils sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat. La même source a en outre indiqué que «le secrétaire général onusien, lui même, et l’ONU ne sont pas sans savoir que la nouvelle agression marocaine est intervenue à la veille des contacts programmés vendredi entre le SG de l’ONU et les dirigeants sahraouis. Ce qui explique clairement que «la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu est un acte agressif manifeste, dont le but est de saper les efforts du SG onusien visant à mettre fin aux tensions et à assurer la stabilité dans la région». La situation demeure, donc tendue dans la région de Guerguerat, et seule une décision du Conseil de sécurité en faveur de l’arrêt de l’agression et au retour au processus référendaire pourrait mettre un terme à la dégradation de la situation.

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