Le cri de détresse des travailleurs de l’informel

Contraints de se confiner à la maison à cause du Covid19

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Employés sans vrai contrat, au noir ou dans le secteur informel, de nombreux artisans, journaliers, vendeurs ambulants, coursiers, gardiens, femmes de ménage, ouvriers du bâtiment s’inquiètent pour leur survie. 

 

Des centaines de travailleurs de cette catégorie de la société sont livrés à eux-mêmes, depuis déjà une vingtaine de jours, à cause du coronavirus. Coincés chez eux, sans travail et sans solde, ces travailleurs non identifiés chez les pouvoirs publics ne savent plus à quel saint se vouer. 

Il est à noter dans ce cadre, que le gouvernement avait décidé de libérer 50% des travailleurs des différents secteurs, tout en garantissant leur salaire. Seulement les travailleurs des secteurs de la santé, de la production et du commerce de produits alimentaires sont maintenus, alors que les autres catégories des travailleurs, en particulier ceux activant dans l’informel sont appelés à se confiner chez à une date ultérieure. Toutefois, aucune décision n’a été prise, jusqu’à présent, pour garantir leurs salaires.

«On est coincés chez nous, sans travail et sans solde, mon patron nous a payés les journées que j’ai travaillées au mois du mars. Maintenant je suis en chômage», résume Nabil, jeune père de famille de 35 ans qui travaillait comme serveur dans un restaurant à Béjaïa. Ce dernier a assuré que pour le moment, il pourrait continuer à assurer les besoins en produits alimentaires, notamment de la sa famille de trois personnes pour une période de 20 jours, mais au-delà, «je ne sais comment faire. Vraiment, c’est très dur pour nous, surtout si l’Etat ne prend pas des mesures à notre encontre».

Dans le même cadre, Hamid M, propriétaire d’un restaurant s’est interrogé sur le sort de son activité et l’avenir d’une dizaine de salariés, occupant les postes de serveurs, cuisiniers et aides cuisiniers. «Nous avons reçu une notification des autorités pour la fermeture du restaurant depuis le 19 mars dernier. Les employés sont libérés et confinés chez eux. Je ne peux pas continuer à garantir leur salaire ! L’Etat doit nous aider à dépasser cette crise», a-t-il précisé.

Avant que Nadjib, maçon en arrêt du travail à cause du coronavirus n’abonde : «Certes, tous les produits sont disponibles dans les marchés, mais nous n’avons pas d’argent pour s’approvisionner. L’Etat doit trouver des solutions pour nous. Pour l’instant, personne ne s’inquiète de notre situation ! J’espère que ce virus ne va pas perdurer très longtemps afin de nous permettre de reprendre notre vie normale».

Plusieurs autres catégories des travailleurs occupant des fonctions libérales sont également impactées par cette situation inédite, à l’instar des plombiers, vendeurs de pièces de rechange, restaurateurs et transporteurs en commun. «Il n’y a plus de clients. En même temps, les prix des produits de nécessité ont flambé. Comment faire ? Je ne sais pas !», fulmine Abdelkader, un plombier père de quatre enfants, qui travaille à son compte. Face à cette situation, le gouvernement est appelé à agir rapidement, en activant son système d’assurance-chômage et autres mécanismes, à l’instar de la solidarité nationale. Toutefois, l’absence de statistiques et d’un fichier national rend la situation plus difficile et même ingérable. Il est à rappeler dans ce cadre, que la sphère informelle en Algérie représente entre 40 et 50% du PIB. Certains experts estiment que c’est le moment idéal pour reprendre les choses en main, à travers la mise en place des mécanismes pour absorber cette économie informelle.

Par Zahir Radji

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