Le différend entre les pays de l’Opep+ pousse les prix à la baisse

Réunion des exportateurs de pétrole les 4 et 5 décembre à Vienne

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La réaction du marché pétrolier par une diminution de plus de 2% du niveau des prix du référentiel Brent de la mer du Nord, n’est en fait que le résultat de la prise d’acte par rapport au différend qui entoure les positions des pays producteurs au sein de l’Opep+. 

 

Les pays de l’Organisation veulent se pencher lors de la rencontre des 4 et 5 décembre à Vienne, sur la révision des quotas à la baisse, tandis que la Russie, grand pays producteur hors Opep, considère qu’il n’est pas encore temps pour la révision de l’accord en cours d’exécution.

Bonne semaine, mauvaise semaine, le cours respecte le positionnement autour de 62.43 dollars le baril de Brent à la fermeture des marchés du vendredi, avec une perte de 1.44 dollar par baril, ce qui comptabilise une diminution de 2.25%, et quelque 55.17 dollars le baril pour le WTI du Texas, qui perd quand à lui 2.94 dollars le baril, avec une diminution estimée à 4.4%. Mais pour le mois de novembre dans sa globalité, le cours termine avec une amélioration de l’ordre de +6% pour la valeur du baril de Brent, et de +2.3% pour le WTI. Des performances qui sont les meilleures depuis le mois d’avril passé pour le premier, et depuis juin dernier pour le second. 

En réalité, ce résultat est dû à la prévision quant à un nouvel accord entre les pays producteurs de Opep+, qui pourrait aboutir à un relèvement du quota à réduire en vue de faire face aux menaces sur les prix, que constitue une conjoncture plutôt défavorable, caractérisée par les difficultés quant à la reprise économique mondiale, cultivant une situation de faiblesse de la consommation, et faisant chuter de fait, la demande sur le brut. Mais un retour de situation est en train de s’opérer, puisque le refus russe de tout examen d’une éventuelle diminution supplémentaire dès ce début du mois de décembre, à l’occasion de la rencontre de Vienne, a donné une réponse à une attente des marchés, qui voit désormais qu’il serait improbable que les pays de l’Opep puissent s’imposer devant les Russes.

Deux autres éléments font alimenter les circonstances de maintien d’un prix relativement moyen tournant autour des 60 dollars le baril, avec des marges allant jusqu’à 5 dollars le baril, soit en augmentation ou en diminution, pour arriver à se positionner entre 55 et 65 dollars le baril, selon l’état du marché. Le premier élément est en relation avec cette présence du brut américain de plus en plus consolidé sur les marchés, avec cette nouvelle performance en arrivant à battre un nouveau record de la production consacrant sa position de 1er producteur mondial avec 12.46 millions de barils par jour, et d’arriver à se positionner comme pays exportateur net le mois de septembre passé. Le second élément est lié au fait que de grands pays producteurs comme le Nigeria dépassent leurs quotas en compensant largement le faible effet en relation avec de petits producteurs comme l’Algérie qui n’arrive pas à produire selon son quota officiel. Une situation qui mène les prix vers le bas, au détriment des intérêts des pays producteurs de l’Opep.

 

Par Abdelkader Mechdal

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