Le dinar perd de sa valeur sur le marché officiel

La monnaie nationale en situation de flottement

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La dépréciation de la monnaie nationale reprend sa tendance connue d’avant le confinement, et ce, suite à la reprise partielle de l’activité sur le marché. Les taux affichés sur le marché officiel au niveau des banques font état d’une vente de l’euro avoisinant les 160 DA, un niveau jamais atteint auparavant.

Effectivement, la parité officielle du dinar attire l’attention sur le fait que la monnaie nationale est dans une situation de flottement faisant apparaître des faiblesses quant à la stabilisation de sa valeur sur le marché, et ce, vu la demande en devises liée à plusieurs éléments. Il s’agit de la relative reprise de l’activité économique, qui fait que l’utilisation des autorisations d’importation arrive à son niveau maximum, avec aussi l’ouverture partielle des frontières dans le cadre de la mobilité des étudiants. Comme il s’agit aussi du manque à gagner en rapport avec des exportations faibles pour cette année, ce qui fait que la partie offre ne suit pas la demande, et avec les opérations libérées sur le marché monétaire, la situation de flottement donne des résultats en défaveur de la valeur du dinar, ce qui explique sa nouvelle dépréciation.

L’autre volet de cette tendance est enregistré sur le marché parallèle de la devise, qui connaît aussi un manque d’approvisionnement en monnaies fortes, et ce, en relation avec la fermeture des frontières, chose qui freine l’élément offre, lié dans ce marché traditionnellement à l’activité de vente de la part des individus rentrant de l’étranger. Comme les opérations de spéculation font en sorte que les quantités de devises en possession des vendeurs ne trouvent pas une place à la vente, puisque ces derniers privilégient d’observer la situation de wait and see, en attendant une éventuelle flambée des prix de vente à l’occasion de plus d’ouverture des opérations avec le reste du monde, si les autorités publiques décideraient d’alléger les restrictions quant à la mobilité entre le pays et les pays étrangers.

Ce qui attire le plus l’attention, c’est le rapprochement qui s’opère sur le marché entre la parité officielle du dinar et celle enregistrée sur le marché parallèle, en remarquant que l’écart se rétrécit entre les deux valeurs. L’euro, qui affiche une valeur de 159.30 DA au niveau des banques commerciales, est coté à 202 DA au Square Port Saïd, le plus grand marché noir de la devise en Algérie. Là, c’est vrai que la dépréciation officielle de la monnaie nationale est toujours en marche malgré le confinement partiel, mais cela n’empêche pas de croire au probable enregistrement d’un nouvel ajustement de la valeur du dinar au niveau du marché parallèle, et de la voir en flambée pour que la parité atteigne de nouveaux records jamais connus au passé des transactions sur ce marché qui joue un rôle compensateur, quant à la rigidité de celles effectuées au marché officiel, ce qui ferait rentrer le dinar dans un nouveau cycle de dépréciation difficile à supporter au niveau des échanges avec le reste du monde.

Par Abdelkader Mechdal   

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