Le gouvernement devant le défi de retrouver le chemin de la croissance

Les marchés évoluent vers une stagnation associée à l’inflation

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Le peu d’engagement des grandes puissances économiques mondiales à réparer la situation en relation avec les pertes enregistrées sur les marchés financiers, a eu comme conséquence de toucher de plein fouet les capacités d’investissement chez les entreprises, ce qui a provoqué des arrêts de production non sans impact difficile à contenir sur les marchés des produits.

 

Une situation qui va droit vers l’institution des conditions de la stagnation économique, tant que le manque des moyens de renouveler les opérations de production va mener à ce qu’on qualifie de «choc de l’offre», c’est-à-dire la baisse brutale des quantités de produits vendues sur les marchés, privant un niveau de plus en plus important de la demande de la satisfaction, chose qui va alimenter une situation de rareté, et provoquer dans le temps une inflation qui va toucher l’ensemble des produits par effet de contagion, et passer ainsi à une situation redoutée actuellement qui n’est que la stagflation. 

Cette évolution, qualifiée de désastre par les observateurs activant sur les marchés à l’international, aura une interprétation unique qui n’est que le renchérissement des prix des produits, ce qui augmenterait les coûts à l’importation, constituant la source de nouvelles difficultés financières chez beaucoup de pays dont l’Algérie. Le pays aura ainsi à confronter une baisse des recettes de ses ventes en hydrocarbures, et ce, en relation avec la diminution vertigineuse des prix du pétrole sur les marchés, ce qui constitue en fait un choc pour l’ensemble des pays pétroliers, mais pour l’Algérie, la situation reste complexe, vu la situation de crise qu’elle vit depuis déjà le choc de 2014, et puis il y a cette nouvelle donne qui fait que le pays va faire face aussi à l’inflation importée.

Donc le manque à gagner pour un pays comme l’Algérie va s’associer à l’augmentation des prix à l’importation, chose qui va avoir des conséquences néfastes sur les moyens financiers de l’Etat, ainsi qu’à la compression de la demande interne, tant que le pouvoir d’achat des consommateurs va subir de plein fouet les nouveaux prix élevés des produits importés. Dans une conjoncture si délicate que celle-ci, on se demanderait sur les issues possibles pour y remédier à la situation.

Les solutions, qui puissent sauver la situation, sont d’ordre mondial et national en même temps. Le sauvetage, en relation avec la crise de l’économie mondiale, reste lié à un meilleur engagement de la part des Banques centrales des plus grandes puissances économiques, à leur tête les Etats-Unis d’Amérique en abaissant les taux d’intérêt sur les crédits destinés aux entreprises, et concomitamment, de faire en sorte de réviser les taux d’imposition à la baisse, pour encourager la consommation, ce qui pourrait inciter au retour à la production. Dans ce sens, la Chine signe son retour à la production industrielle, après qu’elle a pu dépasser les circonstances sévères en relation avec les conséquences du coronavirus, ce qui montre le chemin à prendre par les autres pays actuellement coincés à cause de la pandémie mondiale. Pour la partie algérienne, elle n’aura de choix que de passer à l’application de politiques favorisant la production nationale, en produits de consommation et en matières premières, pour reconstituer les bases d’une croissance moins dépendante des approvisionnements des marchés étrangers.

Par Abdelkader Mechdal

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