Le gouvernement doit instaurer les conditions de la concurrence interne

Application des règles de sauvegarde au profit du produit national

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Par Abdelkader Mechdal       

Il est vrai que la sauvegarde des intérêts des opérateurs nationaux dans l’état actuel de la situation économique du pays demande un sacrifice par rapport au mode de consommation des Algériens, qui ont pris l’habitude d’acheter des produits importés et d’une certaine qualité, parait comme nécessité, mais cela ne peut aucunement signifier que substituer les importations voudrait dire passer à la consommation de produits internes de moindre qualité.

   

Le dossier ouvert par le gouvernement concernant la substitution des importations fait état de la difficulté rencontrée par les autorités publiques à faire face au déficit se creusant davantage de la balance commerciale, qui va atteindre l’année en cours un niveau insoutenable, du fait du rétrécissement des moyens financiers pour la couverture du niveau habituel des importations.

Les prévisions du PLFC fait état de la révision à la baisse du niveau des exportations, et ce, en relation avec le crash du marché pétrolier. Le prix du pétrole algérien, le Sahara Blend, qui a atteint un niveau proche de 20 dollars le baril, a perdu en fait 2/3 de sa valeur de janvier passé, dans une baisse historique suivant un marché mondial en crispation, répondant à la situation de crise en relation avec les deux éléments que sont la pandémie du Covid-19 et la guerre des prix entre des pays producteurs, ce qui a mis le marché à genou. 

La révision des chiffres contenus dans la loi de finances 2020, en cours d’exécution, a fait ressortir des prévisions revues à la baisse concernant les exportations des hydrocarbures, en deux étapes. La première en abaissant les chiffres de 35 milliards de dollars à quelque 20 milliards de dollars, après que le marché pétrolier a entamé sa chute vertigineuse. La deuxième en constatant l’évolution effective des prix sur le marché, les autorités publiques ont dû baisser encore une fois les chiffres pour tabler sur des exportations ne dépassant pas à fin 2020 les 17 milliards de dollars.

Les importations, incompressibles quant à elles, passent à quelque 31 milliards de dollars, ce qui fait que le ratio de couverture des importations par les exportations sera de l’ordre de 55% seulement, alimentant ainsi le déficit commercial de 18 milliards de dollars. Une situation qui fait dire au Premier ministre qu’il ne sera plus question d’importer tous azimuts comme c’était le cas auparavant, ce qui veut dire de passer à la compression des importations de l’étranger, en instaurant un droit additionnel provisoire de sauvegarde sur les produits importés allant de 30% à 200%, privilégiant ainsi une régulation par le marché, dans une tendance protectionniste, le temps du rétablissement économique attendu. 

En plus, cette procédure vient marquer une volonté politique en faveur de l’encouragement de la production nationale, en lui donnant la chance d’émergence dans son marché interne le temps de renforcer sa position concurrentielle. Mais là, le problème qui va se poser est en lien avec la qualité du produit national qui devra passer au respect de la norme internationale, pour que le consommateur ne soit pas lésé de son droit à une meilleure qualité de produit, surtout que des entreprises, qui se retrouveront seules sur le marché, n’auront pas à chercher à améliorer la qualité de leurs produits dans un marché acquis. Une question à prendre en charge et au sérieux qu’il faut par les pouvoirs publics.

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