Le gouvernement met fin au régime SKD

Montage local de téléphonie mobile

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La ministre de l’Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, a relevé que finalement le montage local de téléphonie mobile n’existait pas en Algérie. Les opérateurs ayant réalisé des usines dans notre pays procèdent à l’importation d’appareils finis. C’est la grande supercherie, a-t-elle déploré.  Et d’ajouter : «Cette activité n’a apporté aucune valeur ajoutée au secteur de l’industrie ni à l’économie nationale. Il n’y aura plus désormais de privilèges fiscaux pour les opérateurs de la téléphonie mobile».

 

Mme Tamazirt a fait savoir depuis la wilaya de Tizi Ouzou que les usines de montage de smartphones en activité dans le pays ne seront pas fermées ou gelées, et peuvent toujours poursuivre leurs activités, toutefois, elles seront soumises au système fiscal et douanier. Autrement dit, elles ne peuvent plus bénéficier d’exonération et autres avantages accordés par l’Etat pour ce genre d’activité (SKD et CKD), visant l’installation d’une véritable industrie locale dans le pays.

S’appuyant sur un rapport d’une enquête diligentée par une commission ministérielle, la ministre a relevé qu’il n’y avait pas en réalité de montage de téléphone dans ces usines, mais plutôt une importation de téléphone prêt à l’emploi. «Ces opérateurs ne peuvent donc plus revendiquer les privilèges de l’activité de montage. Les usines de smartphones ne vont pas être fermées et peuvent toujours poursuivre leurs activités le plus normalement du monde», a-t-elle précisé. D’ailleurs, il est prévu dans le cadre du projet de la loi de finances (PLF-2020) de soumettre cette activité au droit ordinaire et de ne plus bénéficier du dispositif d’importation des kits SKD/CKD. 

A cet effet, l’opérateur souhaitant produire des smartphones en Algérie «paiera les taxes d’importation des composants sans bénéficier d’avantages comme c’est le cas des montages industriels précités (automobile, électronique et électroménager)», avait indiqué auparavant un haut responsable du ministère de l’Industrie à l’APS.  Selon les propos de ce même responsable, la jeune industrie du montage de téléphonie mobile se trouve- t- elle au seuil de la mort ? Des conséquences de cette décision seront néfastes sur les investisseurs ayant consentis d’énormes efforts pour la concrétisation de leurs usines en Algérie. 

Dans un courrier adressé à la ministre de l’Industrie et des Mines, le collectif des fabricants des produits électroniques, électroménagers, IT et mobile, a soulevé le risque de perte de 6 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects et la perte d’investissement en devises.

Cette décision de ne plus soutenir cette industrie de montage encouragera, selon le même collectif, la prolifération du marché parallèle de téléphones et de la devise. Le marché algérien des téléphones portables représente entre 8 et 10 millions d’unités par an. 

Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’apporter son appui pour le montage automobile visant à la création d’une valeur ajoutée pour l’économie nationale. En effet, les opérateurs activant dans cette filière continuent de bénéficier d’un système fiscal préférentiel, tout en se conformant avec le nouveau cahier des charges, à savoir passer à un taux d’intégration  nationale de 15%. Des négociations sont déjà engagées par le ministère de l’Industrie avec 4 marques d’automobile (Volkswagen, Renault, Peugeot et Kia) afin de les convaincre d’y adhérer à cette nouvelle stratégie du gouvernement, à savoir participer au développement d’un véritable tissu de sous-traitance à travers le pays. Un processus «difficile», a reconnu la ministre Tamazirt. « Ce n’est pas facile de convaincre leurs partenaires de ramener leurs équipementiers et accompagner nos fabricants», a-t-elle souligné.

Il est à noter que l’Algérie a importé pour 1,766 milliard de dollars de kits (SKD) destinés au montage automobile de transport du personnel et de marchandises,  durant le 1er semestre de 2019, contre près de 1,711 milliard à la même période de l’année dernière, enregistrant une hausse de près de 55,26 millions de dollars (+3,23%), selon la direction générale des Douanes (DGD).

Par Zahir R.

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