Le gouvernement veut réformer les bourses des étudiants

En plus de l’université

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Par Essaïd Wakli

Malgré la crise économique et sanitaire, le gouvernement a décidé de s’attaquer à l’épineux problème de la gestion des œuvres universitaires. Des pistes de travail sont ouvertes dans ce sens, a indiqué le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique lors d’une sortie médiatique.

 

«Il y a 50 ans, l’étudiant payait 1,2 DA les repas. Aujourd’hui, il paie toujours 1,2 DA. L’étudiant payait 50 DA pour la chambre, 50 ans après, l’étudiant paie 50 DA. Il y a donc un sérieux problème. L’étudiant actuel perçoit une bourse de 1 200 DA/mois. Manger, dormir et être transporté, c’est 180 DA, soit le prix d’un sandwich. Il faut donc changer», a-t-il rappelé. «Il y a plusieurs scénarios qui sont à mettre en œuvre. Il faut valoriser la bourse de l’étudiant, mais, payer au prix réel», a-t-il dit, en faisant savoir qu’il y a une équipe qui travaille sur ce dossier et qu’il est possible que «la bourse de l’étudiant soit portée à 10 000 DA», a préconisé le ministre. Il a également émis l’hypothèse de voir ce segment séparé de son ministère qui se charge surtout des «questions pédagogiques».

Quoique la réforme des œuvres sociales n’est pas le seul chapitre auquel veut s’attaquer le ministre. Chems-Eddine Chitour, lui-même professeur d’université, veut «valoriser» les compétences et surtout doter le pays d’une université de qualité, tournée vers les nouvelles technologies et vers l’universalité. «Le problème en Algérie, c’est que nous formons pour l’étranger», a-t-il lancé, en ajoutant : «Nous perdons à peu près chaque année 20 000 à 25 000 étudiants qui partent vers d’autres cieux, et vont vers les disciplines de technologie», a déclaré le Pr Chitour. Le ministre dit qu’il était conscient que les enseignants et chercheurs n’étaient pas bien valorisés. Pour cela, «quelle que soit la santé financière du pays, il faut trouver de l’argent pour protéger ce campus», a-t-il dit. Il a même préconisé l’utilisation des laboratoires et instituts de recherche comme «entreprises» qui vont «générer» de l’argent en utilisant leurs compétences. «Cela va permettre aux chercheurs d’avoir des revenus supplémentaires», a-t-il estimé. 

En plus de cela, les autorités veulent aller vers des techniques modernes dans l’enseignement supérieur. A côté de l’université classique, «(…) il nous faut penser au futur. Et dans ces conditions, nous avons une immense chance, c’est d’avoir un campus qui est à Sidi Abdallah (Alger, ndlr), qui n’est pas encore opérationnel. Toutefois, nous avons l’ambition d’y implanter toutes les grandes technologies, mais aussi toutes les grandes écoles, capables de donner une visibilité à l’Algérie», a-t-il dit, précisant que parmi les établissements appelés à être créés sur ce site figureront des écoles de mathématiques, de physique, d’informatique, d’intelligence artificielle, de robotique. 

Pour parvenir à ces objectifs, le gouvernement compte associer les compétences algériennes établies à l’étranger. «J’ai mis en place des groupes de travail, pas seulement avec les Algériens, mais surtout avec des Algériens expatriés qui, actuellement de par le monde contribuent à une amélioration. Il y a l’école d’intelligence artificielle dont le programme est terminé et nous avons des Algériens aux Etats-Unis, en Australie et en France, qui ont participé, et qui vont venir enseigner sous forme bloquée», a-t-il fait savoir estimant que «c’est ça le rôle de la diaspora». «On lui demande de venir de façon séquentielle pour amener un savoir et ensuite retourner là où ils veulent», a-t-il dit.

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