Le marché national en manque de régulation du domaine alimentaire

Pratiques commerciales en Algérie

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Par Abdelkader Mechdal     

La normalisation en matière de l’offre des produits alimentaires a pris toute son importance pendant la période de la crise sanitaire du Covid-19, incitant les pouvoirs publics à réglementer dans le sens de faire respecter la mise à disposition des produits de la grande consommation, selon des règles préétablies, permettant une régulation du marché interne, consolidant la démarche publique contre les actes de fraude touchant l’aspect sanitaire du consommateur.

 

Des aspects en lien avec la dérégulation du marché national sont la spécificité de l’activité commerciale, qui fait que la qualité de l’offre peine à se développer, et ce, en dépit de ce qui a été enregistré en matière d’organisation selon les normes internationales. Ces dernières  ont pu émerger, avec le développement des pratiques de la grande distribution, mais qui restent loin de pouvoir couvrir la demande d’un consommateur algérien aspirant à une meilleure qualité de l’offre en comparaison avec ce qui se fait dans des pays très proches, en la matière.

En fait, ce qui alimente les pratiques de fraude, touchant à la qualité du produit vendu est le manque de la concurrence sur le marché, ce qui est lié au circuit d’approvisionnement qui a été manipulé de sorte à limiter le nombre d’opérateurs intervenant en tant que premier fournisseur. C’est-à-dire, les importateurs d’une part, et les intermédiaires entre les producteurs et les consommateurs, d’autre part. Dans ce cadre là, il est réputé que le contrôle de la commercialisation des produits à l’importation est le fait de réseaux, chose qui limite toute possibilité de diversification des intervenants et faire profiter les consommateurs des bienfaits de la multitude des origines des produits, sur la qualité et les prix. 

Là, les marchés asiatiques par exemple, pour ce qui est des économies émergentes et celles qui ont pu rejoindre le groupe des pays développés, donnent cette opportunité de pouvoir fournir des produits sous des conditions très compétitives, par rapport aux produits européens. En plus que l’intérêt de l’Algérie est dans l’achat en dollar de cette zone asiatique, tant que ses rentrées de vente des hydrocarbures sont en la monnaie américaine. A partir de cette réalité, il devient aisé de deviner que le pays a besoin d’une intervention de la part des pouvoirs publics, pour orienter dans une mesure de régulation, les opérateurs à aller vers ce genre de marchés, et d’ouvrir les portes à de nouveaux opérateurs qui pourront réaliser de meilleures affaires, au profit de l’économie nationale et des consommateurs locaux.

Pour ce qui est de l’origine nationale des produits, il s’agira, bien entendu, de faire barrage aux pratiques de spéculation qui favorisent la fraude, et qui font flamber les prix, ce qui touche au pouvoir d’achat du consommateur. En outre, il y a lieu d’arriver à un mode d’organisation favorisant la traçabilité de l’origine du produit, ce qui pourrait aider à combattre la fraude dans son impact négatif sur la santé. Une situation qui pousse les autorités à créer une agence pour la sécurité alimentaire, dans une autre démarche  publique pour la régulation du marché.

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