Le montage automobile, une activité totalement à l’arrêt

Malgré l’arrivée de la nouvelle année

0 182

Après une parenthèse d’espoir, les constructeurs  présents en Algérie sombrent à nouveau dans le noir. Alors que tout le monde attendait la relance de l’activité durant les premiers mois de l’année en cours, les usines de montage restent étrangement à l’arrêt. La dernière chaine de montage à fermer ses portes est celle qui fait l’assemblage des voitures KIA Motors à Batna.

 

A peine arrivé à la tête du ministère de l’Industrie, Ferhat Aït-Ali a sur le bureau une vraie bombe. Il devra désormais étudier le renouvellement des agréments pour les quatre constructeurs automobiles qui activent officiellement en Algérie. Et si l’accord donné à Renault ne doit pas poser de problème parce qu’il est officiellement parrainé par l’Etat (qui est d’ailleurs actionnaire dans le projet par le biais du FNI, le Fond national des investissements et la SNVI, la société nationale des véhicules industriels), les autres contrats peuvent être remis en cause. A commencer par les agréments accordés aux opérateurs sud-coréens KIA et Hyundai. Les deux concessions ont été contestées officiellement par deux hommes d’affaires, à savoir Abderrahmane Achaïbou et Omar Rebrab, qui avaient auparavant la concession des deux marques dans le passé. Les deux patrons ont d’ailleurs déposé plainte contre l’ancien ministre de l’industrie. Le statu quo peut donc être remis en cause par la justice qui a déjà décidé d’indemniser les deux entreprises plaignantes.

Si les constructeurs sud-coréens gardent encore une relative confiance dans leurs représentants algériens, dont les patrons, Mahiedine Tahkout pour Hyundai et Hacne Arbaoui pour KIA Motors, se trouvent toujours en détention pour des affaires de corruption, ce n’est pas le cas de l’Allemand Volkswagen. Ce géant de l’automobile mondiale a en effet décidé de suspendre ses activités en Algérie pour « absence de visibilité ». La société avait fait savoir qu’à « En raison de la crise politique en Algérie, Volkswagen a pour le moment suspendu la production dans ce pays d’Afrique du Nord. Les livraisons au partenaire officiel du pays, Sovac, ont également été suspendues », avait indiqué le constructeur dans un communiqué repris par une agence de presse allemande. Le même média explique le contexte ayant entouré cette décision par les enquêtes de corruption menées par  la justice algérienne, entre autres, contre le directeur de Sovac, Mourad Oulmi. La société n’a connaissance d’aucune enquête sur des employés de Volkswagen.

Le 31 décembre, c’était autour de  Global Motors Industries (GMI), dont le patron et directeur général à savoir Hassan Arbaoui, se trouve actuellement au centre pénitencier d’El Harrach pour des affaires de corruption; a indiqué en ce début d’année 2020, la suspension de l’activité de son usine située à Batna, en raison de l’épuisement de ses stocks de kits CKD/SKD. Cette usine s’occupe du montage des véhicules utilitaires de la marque Hyundai. Global Motors industries (GMI), filiale de Global Group, qui dispose d’une usine de montage de camions, fourgon et bus Hyundai en Algérie sera désormais à l’arrêt, suite au non renouvellement des autorisations d’importation des kits CKD/SKD depuis 6 mois. Une décision qui a poussé l’usine à mettre ses employés au chômage technique; avec une baisse de production estimée à 98%.

Avec GMI, c’est quasiment toutes les usines qui sont à l’arrêt. Seule Renault avait annoncé la reprise prochaine de ses activités. L’autre usine française, Peugeot, entrera en production prochainement. Mais comme les autres marques, elles devront attendre le renouvellement des autorisations d’importation des Kits CKD/SKD. 

Par Essaïd Wakli

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.