Le patronat en front uni  

Crise économique

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Zahir Radji

L’heure est à l’union et non à la division. C’est dans ce cadre que des organisations patronales tentent de faire front uni, en alignant leur position. Leur mot d’ordre : faire sortir l’Algérie de cette situation «morose». Initiée par la Confédération Algérienne du Patronat Citoyen (CAPC), cette initiative qualifiée de «louable» a fait déjà l’adhésion de trois organisations patronales.

Il s’agit, en effet, de la Confédération nationale du Patronat Algérien (CNPA), la Confédération des Industriels et Patrons Algériens (CIPA) et l’Association Générale des Entrepreneurs Algériens (AGEA).

Affirmant que d’autres organisations patronales  vont y adhérer, le président de la CAPC, Mohamed Sami Agli a expliqué que cette union ne vise en aucun moment à faire pression sur les pouvoirs publics, au contraire «nous sommes des partenaires et une force de proposition».

Et d’ajouter : «L’urgence sur le plan économique, nous interpelle à la concertation et à l’union afin de trouver les meilleures solutions pour la crise économique qui perdure depuis des années et aggravée par la pandémie coronavirus. Notre union s’arrête dans la proposition loin de la langue de bois et intérêt personnel. On essaie d’être plus pratique dans l’action». Le doyen des patronats, Mohamed Saïd Nait Abdelaziz président de la CNPA s’est montré optimiste en affirmant qu’ «on a les moyens pour s’en sortir». Toutefois un grand travail doit être fait, notamment au niveau de l’administration qui reste un frein pour les investisseurs. Il est inadmissible qu’un investisseur reste en attente plus de 7 mois pour lui dire enfin qu’il doit s’adresser à un autre département ! Cette bureaucratie a, d’ailleurs, suscité l’ire du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.

Des instructions ont été données, rappelle-t-on, pour lutter contre ce phénomène. «Le problème qui se pose dans notre pays, c’est la mise en œuvre des décisions économiques. L’administration doit répondre dans les temps. Notre espoir, c’est l’Algérie nouvelle qui prend son destin entre ses mains», a soutenu M. Nait Abdelaziz.

Pour sa part, le président de la CIPA, Abdelwahab Ziani a indiqué qu’on doit tirer des leçons du passé, et de se pencher sur le future. Pour lui, la construction de l’Algérie nouvelle doit impérativement se fait par les Algériens. La pandémie covid-19 a prouvé, indique-t-il, que «nous pouvons satisfaire nos besoins, notamment alimentaires et en médicament, sans recourir à l’importation». C’est un message clair pour les pouvoirs publics qui doivent impérativement écouter attentivement les opérateurs économiques, qui sont les véritables connaisseurs du terrain. «Le nouveau modèle économique de l’Algérie doit se dessiner avec nous le patronat. Nous sommes là pour accompagner le gouvernement et nous sommes y là», a-t-il souligné. M. Ziani a, en outre, rappelé la demande de son organisation, à savoir la nécessité d’aller vers un pacte de confiance, tout en indiquant que le patronat est prêt et possède les solutions pour construire l’économie du future. Autrement dit, la balle est dans le camp des pouvoirs publics. Le président de la Cipa a déploré au passage que certains ministères continuent de travailler en «solo» et des lois sont légiférées sans aucune concertation avec les acteurs économique.

Evoquant la question de la révision de la constitution, dont le référendum est prévu le 1 novembre prochain, les présidents des ces organisations patronales qui se disent «apolitiques» ont qualifié l’événement d’étape importante dans la construction de l’Algérie nouvelle. Qualifiant le projet de la nouvelle constitution de «bon», notamment dans son chapitre économique, ils n’ont pas omis d’afficher leur satisfaction, en affirmant qu’ils étaient consultés sur cette question et une bonne partie de leur propositions ont été prises en considération. Toutefois, les présidents de ces organisations ont refusé de formuler leur position publiquement, à l’exception de Mouloud Khaloufi, président de l’AGEA qui a appelé les adhérents à aller voter massivement le 1 novembre prochain.

 

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