Le secteur du commerce fait sa mue

Accompagner les exportateurs et réguler le marché

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Par Essaïd Wakli

Pour booster les exportations hors hydrocarbures, les autorités ont décidé de mettre en place une cellule d’écoute au profit des opérateurs économiques et s’apprête à relancer le Conseil de la concurrence.

 

Créée au niveau du siège du ministre sur instruction du ministre du Commerce, Kamel Rezig, cette cellule a pour missions principales le suivi des opérations d’export et la prise en charge des entraves auxquels sont confrontés les opérateurs algériens activant dans ce domaine tout en proposant des solutions appropriées, indique un communiqué du ministère du Commerce. La cellule en question vise également le rapprochement entre l’administration et les exportateurs en accompagnant ces derniers dans la commercialisation de leurs produits à l’étranger et, partant, hisser le volume des exportations hors hydrocarbures.

Les services du département du commerce ont mis à la disposition des opérateurs économiques son site électronique www.algex.dz/CNCPE pour recevoir toute préoccupation et/ou questionnement, a conclu le communiqué.

Pour donner l’exemple, le ministre du Commerce Kamel Rezzig a reçu, avant-hier, les exportateurs du secteur des médicaments qui ont porté des protestations. Après avoir écouté un exposé sur les défis et les enjeux de l’industrie pharmaceutique, le ministre a affirmé que depuis le début de la crise sanitaire, toutes les facilitations avaient été accordées s’agissant des autorisations délivrées par le ministère du Commerce pour la production de produits de désinfection en vue de couvrir les besoins du marché et  d’éviter toute pénurie. 

A cette occasion, M. Rezig a indiqué que son département était disposé à coordonner avec les opérateurs économiques dans ce secteur en termes d’accompagnement et d’encadrement pour augmenter le volume des exportations algériennes de médicaments et de produits pharmaceutiques où un saut qualitatif a été opéré grâce au soutien de l’Etat et à la promotion des investissements.

Par ailleurs, le ministère du Commerce devra réhabiliter le Conseil de la concurrence. C’est ce que réclame d’ailleurs cet organisme. «Cette réhabilitation devra permettre à cette autorité de retrouver sa place dans l’édifice institutionnel et d’assurer sa pérennité, ainsi que de garantir son indépendance dans la prise de décision loin de toute pression notamment des milieux d’affaires (lobbies)», précise-t-on dans ce plaidoyer.

Cependant, le Conseil a particulièrement déploré «l’instabilité» du cadre juridique relatif à la concurrence mais surtout le placement successif du Conseil, durant les années précédentes, auprès du président de la République, du chef du gouvernement et enfin du ministre du Commerce. Le Conseil a expliqué que ces situations se sont «répercutées négativement» sur le statut de l’institution et de son rôle dans la régulation du marché.

L’autre préoccupation soulevée dans le même document est celle portant sur le respect des règles de la concurrence dans le marché numérique. Estimant que ce secteur a remis en cause les concepts classiques du droit de la concurrence, le Conseil a appelé à la révision et à l’adaptation des lois relatives à la protection du consommateur et à la protection des données.

Pour ce qui est de la prévention contre la corruption, le Conseil est tenu, en vertu de l’article 32 du code des procédures pénales, d’informer le procureur de la République territorialement compétent des faits et indices susceptibles de qualification pénale qu’il découvre dans le cadre des missions juridictionnelles (investigations) qui lui ont été conférées par la loi.

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