Le verbe «gaspiller» conjugué à tous les temps

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Journée mondiale contre le gaspillage alimentaire

La Journée mondiale de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a lieu, hier, 16 octobre, est l’occasion de rappeler que le gâchis d’aliments consommables représente un enjeu auquel chacun est confronté tous les jours. Mais que faire alors pour éviter ce gaspillage dans notre pays et particulièrement à certains évènements.


La question qui se pose est de savoir qu’est-ce qui pousse les Algériens à consommer sans modération ni retenue et pourquoi tout ce gaspillage aussi. Les Algériens ne sont pas aussi dépourvus de sentiments pour ne pas réagir à ces tonnes d’aliments jetées aux poubelles. Pris individuellement, chaque citoyen dénonce cette situation, mais c’est dans la globalité que le problème se pose.

L’Algérie ne se retient pas pour consommer, les poubelles sont là pour en faire foi. Ce problème ne touche pas uniquement que l’Algérie, même les pays dits développés sont touchés par ce phénomène, car ceux-là gaspillent jusqu’à 40% de l’alimentation disponible.

Des économistes et des écolos avisés ont bien essayé de renverser cette tendance mais sans grand résultats. L’Algérie continue encore et toujours à gaspiller sa nourriture. Et pourtant, au lieu de chercher à augmenter la production agricole pour nourrir le monde, les hommes feraient mieux de cesser de gaspiller la nourriture. Chez nous, par manque de production nécessaire, nous importons de quoi gaspiller, sinon nous subventionnons des produits pour mieux les jeter. A titre d’exemple, l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) a publié les résultats d’une enquête sur le coût du gaspillage alimentaire durant le mois du Ramadhan de cette année 2017. L’UGCAA estime qu’il dépasse les 500 milliards de centimes, soit 5 milliards de dinars, de quoi construire une grande et belle école. Comment en est-on arrivés là? La question mérite d’être posée, puisqu’elle nous concerne tous, car nous sommes tous, plus ou moins, des gaspilleurs potentiels durant le mois sacré. Sur le terrain, les Algériens interpellés font unanimement vœu de pénitence et assurent que, ce Ramadhan, ils vont faire plus attention. Vœu pieux ou volonté réelle de changement ? En tête de ces aliments surconsommés, on retrouve évidemment le fameux pain, la denrée la plus consommée en Algérie tout le long de l’année d’ailleurs, mais avec un pic vertigineux durant le Ramadhan : 4,1 milliards de baguettes de pain seront ainsi achetées dont une bonne partie finira près des poubelles

Fondamentalement, l’Algérien a changé ses habitudes alimentaires augmentant ainsi ses excès, d’où un gaspillage certain. D’après les résultats d’une enquête de l’Office national des statistiques (ONS) sur les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages algériens, les dépenses alimentaires par les ménages algériens ont presque triplé entre 2000 et 2011. Est-ce à dire que les Algériens mangent aujourd’hui trois fois plus qu’il y a dix ans ? Une chose est sûre, en une décennie seulement, la facture alimentaire a presque triplé alors que sur le plan démographique, la population algérienne n’a pas augmenté d’autant. L’équation est simple dans ce cas précis. Puisque la population n’a pas autant augmenté que la consommation, où vont les restes ?

Faudrait-il une véritable crise alimentaire en Algérie pour que les consciences s’éveillent enfin et que l’on s’aperçoive que nous pouvons mieux manger sans pour autant gaspiller.

 

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