L’endettement externe paraît inévitable

Financement des projets annoncés par le gouvernement

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Le plus grand défi à soulever par le gouvernement, dans le cadre de l’application de son plan de travail, est de trouver les financements nécessaires pour la couverture de la réalisation des projets enregistrés comme prioritaires, mais pas seulement puisqu’il s’agira aussi de faire face à un déficit budgétaire atteignant un record jamais égalé auparavant.

 

Effectivement, le problème soulevé est d’importance puisqu’il conditionne la tenue même de la politique du gouvernement qui table sur la réalisation de grands projets à l’instar du logement, avec l’avancement de chiffres assez élevés, comme ce 1 million d’unités de logement qui aura besoin d’une mobilisation de ressources très importantes, avoisinant les 50 milliards de dollars US, et ce, dans une conjoncture très hostile en matière de rentrées en devise.

L’élément de difficulté, que rencontre déjà le nouveau gouvernement, est en relation avec la recrudescence que connaît le marché pétrolier, suite à des événements géopolitiques et du développement en relation avec le coronavirus, qui frappe l’un des principaux consommateurs au monde qui est la Chine. Une crise de la demande sur les marchés mondiaux qui aura ses effets dans le temps, et touchera l’essentiel de l’année en cours 2020. Avec un prix du baril de Brent perdant plus de 10 dollars US en l’espace de quelques mois, et descendre au plus bas niveau en une année, son développement aura à affecter le restant de l’année, si l’accord de restriction ne sera pas élargi dans le cadre de l’accord Opep+. 

Alors, le gouvernement aura à trouver des substituts à la rente pétrolière qui semble se rétrécir, chose qui n’est pas du tout aisée, vu que la marge de manœuvre qui lui est ouverte est très limitée. Dans la structure du budget annuel qui démontre de cette importance de la fiscalité pétrolière avec une contribution de l’ordre de 47% des rentrées du budget de l’Etat, renverser la tendance voudra dire que la fiscalité ordinaire devra prendre le relais, et là soit par l’élévation des taux d’imposition sur la consommation et sur la production, ou bien de jouer sur l’élargissement de l’assiette fiscale, c’est-à-dire de maintenir des niveaux bas de la fiscalité pour encourager la création des entreprises.

Là, et avec toute l’objectivité que demande cette conjoncture hostile pour un pays dépendant à la rente, il semble que la voie de recherche de nouvelles ressources de financement, en retournant au marché financier international devient inévitable. Cette option donne une solution viable, surtout que le gouvernement compte jouer sur l’allègement fiscal, dans une attitude compatible avec son ambition affichée à encourager la création des entreprises, avec des effets positifs sur le budget de l’Etat à moyen ou long terme. La solution la plus rapide semble ne pas sortir inévitablement du recours à l’endettement externe.

Par Abdelkader Mechdal

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